Une explosion virale partie d’un festival français
En février 2026, la radio indépendante KEXP diffuse sur YouTube une prestation enregistrée lors du festival Trans Musicales, en France. La vidéo dépasse aujourd’hui les 13 millions de vues. Ce moment marque le déclencheur d’un phénomène mondial pour un duo qui se définit lui-même comme un « orchestre pythagocubiste dada mantra-rock ». Les commentaires, devenus un espace communautaire à part entière, regorgent de remarques humoristiques : « Revenu encore aujourd’hui ? Ouais, moi aussi, à demain », ou encore « Cette section de commentaires a besoin de sa propre section de commentaires ».
Deux musiciens, des « extraterrestres » de 333 ans
Sous les noms de Khn et Klek de Poitrine, les deux artistes affirment être des voyageurs temporels venus d’une autre planète, âgés de 333 ans. Leur identité réelle reste inconnue. Ils portent des costumes amples à pois, confectionnés à la main, et des masques en papier mâché ornés d’un gros nez. Klek, le batteur, voit son nez ballotter au rythme des mesures les plus serrées. Khn, guitariste et bassiste, joue d’un instrument hybride à double manche muni de frettes microtonales – permettant des intervalles inférieurs au demi-ton standard – et enchaîne les pédales d’effets pieds nus, ce qui vaut à son pied d’être surnommé « le troisième membre du groupe » par les fans.
Une ascension rapide vers la notoriété
Le groupe s’est formé au Québec en 2019. Le premier album, « Vol. 1 », est sorti en 2024. Mais c’est au début de l’année 2026 que le duo connaît une accélération notable. Après la sortie de « Vol. II », Angine de Poitrine totalise plus de 2,4 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify. Une tournée internationale complète, dont les dates au Royaume-Uni et en Europe se déroulent en mai, affiche complet. Google a même créé un Easter egg – un clin d’œil caché – dédié au duo.
Prouesse technique et « usage absurde du libre arbitre »
Les internautes ne tarissent pas d’éloges sur la maîtrise technique des musiciens. Un commentaire sous la vidéo KEXP souligne que leur musique illustre un « usage absolument insensé du libre arbitre ». Un autre compare le batteur à l’horloge atomique : « L’horloge atomique vérifie son tempo auprès de ce batteur pour être sûre d’être à l’heure ». L’univers décalé du duo est aussi qualifié de « ce à quoi ressemble la fin de π » ou de « partie bizarre qui commence à 0:00 ». Dans des entretiens antérieurs, les musiciens ont révélé jouer ensemble depuis l’âge de 13 ans.
L’anonymat comme moteur créatif
L’idée des costumes est née d’une plaisanterie spontanée. Un ami, propriétaire d’une salle de concert locale, cherchait un groupe pour remplacer une programmation de dernière minute. Ayant joué dans ce même lieu quelques jours plus tôt avec une autre formation, les deux musiciens ont proposé leur duo microtonal masqué pour éviter d’être reconnus. Ce dispositif garantit aujourd’hui un mystère qui alimente la fascination du public. Leur style, qualifié de « mantra-rock dada pythagocubiste », fusionne rock progressif des années 1970, jazz expérimental, funk et punk, créant une signature sonore à la fois complexe et immédiatement identifiable.