Dans une tribune, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, revient sur la bande dessinée de François Ruffin et en tire des enseignements pour les personnes de gauche. Il estime que l’antiracisme ne saurait se limiter à un simple postulat ou à une déclaration d’intention. « L’antiracisme n’est pas qu’un postulat », écrit-il, avant de préciser qu’il s’agit de « traiter sur un pied d’égalité un Autre que l’histoire a construit comme un inférieur ».
Selon Dominique Sopo, la BD de l’ancien député et réalisateur offre une occasion de rappeler que la lutte contre le racisme exige une action tangible. Il souligne que, trop souvent, le discours antiraciste reste dans l’abstraction, alors que la réalité des discriminations est ancrée dans un rapport historique d’infériorisation. En cela, l’œuvre de François Ruffin servirait de miroir à une gauche qui doit, selon lui, traduire ses principes en mesures concrètes d’égalité.
Le président de SOS Racisme insiste sur la nécessité de reconnaître que l’Autre a été « construit comme inférieur » par l’histoire – une construction qu’il faut déconstruire par des politiques publiques, des gestes quotidiens et une éducation à l’égalité. La bande dessinée, par son récit et ses images, permettrait de rendre cette réalité sensible et de rappeler que l’antiracisme ne peut se réduire à une profession de foi.
Cette tribune intervient dans un contexte où les débats sur l’antiracisme divisent souvent la gauche. Dominique Sopo invite à ne pas opposer différents combats, mais à considérer l’égalité de traitement comme le socle commun. Il estime que la BD de François Ruffin montre la voie : un engagement qui parte des réalités vécues par les personnes racisées, sans jamais perdre de vue l’objectif d’une société véritablement inclusive.
Pour Dominique Sopo, ce que toutes les personnes de gauche devraient retenir, c’est que l’antiracisme est une exigence de justice et non un simple étendard. La bande dessinée de François Ruffin, par son approche narrative, pourrait contribuer à cette prise de conscience en incarnant les mécanismes de l’exclusion et en proposant une réflexion sur la manière de les combattre.
Au-delà du débat d’idées, le président de SOS Racisme appelle à des actes : des lois anti-discrimination renforcées, une éducation qui déconstruise les préjugés, et une représentation plus juste des minorités dans tous les domaines. La BD, en touchant un large public, pourrait être un vecteur de cette transformation.
En conclusion, Dominique Sopo rappelle que l’antiracisme doit être une pratique quotidienne, pas une simple conviction intérieure. L’œuvre de François Ruffin, en donnant à voir l’altérité et l’histoire qui l’a marquée, offre une occasion de réfléchir à une gauche qui agisse enfin sur le terrain de l’égalité réelle.