Un survol médiatisé mais sans risque

L'astéroïde 2026 JH2, détecté le 10 mai 2026, devait frôler la Terre huit jours plus tard, à une distance inférieure au quart de la distance Terre-Lune. Sa taille comparable à celle de la tour Eiffel et sa forme de cacahuète ont suscité une large couverture médiatique, mais les scientifiques assurent qu'aucune collision n'était à craindre.

« Les médias ont besoin de ces suspenses pour attirer des visites », explique Juan Luis Cano, du Bureau de défense planétaire de l'Agence spatiale européenne. « Mais quotidiennement, nous sommes visités par de nombreux objets. » En réalité, environ cent tonnes de matériau spatial atteignent la Terre chaque jour, réparties sur une multitude de petites roches.

Que sont les objets géocroiseurs ?

Les Nations unies définissent les objets géocroiseurs (NEO, pour near-Earth objects) comme tout astéroïde ou comète passant près de l'orbite terrestre. Plus techniquement, il s'agit d'objets dont le périhélie – la distance orbitale la plus proche du Soleil – est inférieur à 195 millions de kilomètres. La Terre tournant autour du Soleil à environ 150 millions de kilomètres, ces objets évoluent dans notre voisinage cosmique.

Environ 34 000 NEO sont répertoriés, mais aucun des plus gros n'est actuellement sur une trajectoire de collision avec la Terre, selon Juan Luis Cano.

Probabilité d'un impact

Les très petits NEO frappent la Terre quotidiennement, mais les plus gros sont beaucoup plus rares. Des astéroïdes de la taille de 2024 ON – un autre objet comparable – pourraient percuter la Terre une fois tous les 10 000 ans. Ceux de plus d'un kilomètre de diamètre, comme celui qui a provoqué l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années, pourraient frapper dans les 260 millions d'années à venir.

« Nous estimons qu'il existe environ un millier d'objets de plus d'un kilomètre, et nous en avons découvert 95 % », précise Juan Luis Cano. « Ce sont ceux qui pourraient provoquer une catastrophe mondiale. »

Les objets plus petits restent dangereux : une roche de 40 mètres de large pourrait, selon sa vitesse et son angle d'entrée dans l'atmosphère, raser une ville entière. Des centaines de milliers de ces NEO plus petits restent encore à cataloguer. « Nous découvrons environ 3 000 astéroïdes géocroiseurs chaque année », ajoute Cano. « Mais nous avons besoin de les trouver plus rapidement. »

La détection des objets proches, une tâche délicate

Plusieurs télescopes spatiaux sont chargés de repérer ces objets. La mission NEOWISE, lancée en 2009 et retirée en 2024 après plus de dix ans de service, a documenté plus de 158 000 NEO. Son successeur, le Near-Earth Object Surveyor (NEO Surveyor), doit entrer en service en 2027 et visera à identifier les astéroïdes potentiellement dangereux situés dans un rayon de 50 millions de kilomètres de l'orbite terrestre. Le satellite NEOSSat du Canada poursuit également la traque des astéroïdes, comètes, débris spatiaux et exoplanètes.

« L'une des choses les plus délicates en astronomie est de déterminer la distance d'un objet », souligne Amy Mainzer, planétologue à l'Université de Californie à Los Angeles, qui a dirigé NEOWISE et dirigera NEO Surveyor. « On pourrait penser que voir des objets à la limite de l'espace est simple, mais c'est tout le contraire. »

Conclusion rassurante

L'épisode de 2026 JH2 rappelle que les survols d'astéroïdes sont fréquents et généralement sans danger. Les programmes de surveillance continuent de s'améliorer pour détecter plus rapidement les menaces potentielles, mais pour l'instant, aucun des grands objets connus ne menace la Terre.