La défense de Nicolas Sarkozy a livré mercredi 27 mai ses ultimes arguments dans le cadre du procès en appel de l'affaire dite « de l'argent libyen ». Devant la cour, les avocats de l'ancien président de la République ont répété avec force leur thèse centrale : « pas un centime » d'argent libyen n'a atterri dans sa campagne présidentielle de 2007. Ils ont qualifié l'accusation portée contre leur client de « roman grotesque », dénué de toute preuve matérielle.

Ce procès en appel, qui fait suite à une première condamnation en première instance, voit chaque partie camper sur ses positions. L'accusation soutient que le régime de Mouammar Kadhafi aurait financé illégalement la campagne du candidat Sarkozy à hauteur de plusieurs millions d'euros, via des intermédiaires et des valises de liquide. La défense, de son côté, oppose un démenti catégorique, pointant l'absence de trace bancaire, de témoignage direct ou de document comptable établissant le moindre versement.

La thèse de la défense : une manipulation politique

Les avocats de Nicolas Sarkozy ont développé l'idée selon laquelle les accusations seraient le fruit d'une construction politique et médiatique, reposant sur des témoignages de personnalités douteuses et des accusations non vérifiées. Ils ont insisté sur le fait que les enquêtes n'avaient mis au jour aucune preuve tangible de transfert d'argent entre Tripoli et Paris. Selon eux, l'ensemble du dossier repose sur des « racontars » et des « allégations invérifiables ».

Ils ont également pointé les contradictions entre les différents témoins à charge, estimant que leurs versions variaient au fil du temps et des pressions. La défense a plaidé que, dans ces conditions, la présomption d'innocence devait prévaloir et que l'ancien chef de l'État ne pouvait être condamné sur la base d'un « roman ».

Un procès sous haute tension politique et judiciaire

Le procès de l'argent libyen est l'un des plus sensibles de la vie politique française. Nicolas Sarkozy, qui a dirigé la France de 2007 à 2012, est accusé d'avoir bénéficié d'un financement occulte de la part du dictateur libyen pour sa campagne victorieuse de 2007. Des accusations qu'il a toujours fermement contestées.

L'ancien président a déjà été condamné en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs. Il a fait appel de cette décision, ce qui a conduit à la tenue de ce second procès.

La décision de la cour d'appel est désormais attendue. Elle pourrait confirmer, infirmer ou modifier la peine prononcée en première instance. Quelle que soit l'issue, l'affaire pourrait encore faire l'objet d'un pourvoi en cassation.

La position des parties civiles

Les parties civiles, notamment des associations de lutte contre la corruption, maintiennent leurs accusations et estiment que les preuves sont suffisantes. Elles voient dans ce dossier un exemple emblématique de l'argent sale en politique et appellent à une condamnation exemplaire. La défense, au contraire, dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Conclusion provisoire

Le réquisitoire et les plaidoiries de la défense ont marqué une étape clé de ce procès en appel. Les juges disposent désormais de l'ensemble des arguments pour délibérer. La décision finale devrait être rendue dans les semaines à venir. En attendant, Nicolas Sarkozy reste présumé innocent dans le cadre de ce second procès, ses avocats ayant misé sur une lecture stricte des preuves pour obtenir l'annulation de sa condamnation.