Mercredi 27 mai, au deuxième jour des plaidoiries de la défense dans le procès en appel de l’affaire dite « libyenne », les avocats de Nicolas Sarkozy ont vivement attaqué le récit de l’accusation. Ils ont qualifié de « roman grotesque » l’hypothèse selon laquelle l’ancien président aurait bénéficié d’un financement occulte de la part du régime de Mouammar Kadhafi pour sa campagne électorale de 2007.

La journée de mercredi est entièrement consacrée aux arguments de la défense, qui cherche à déconstruire l’édifice construit par le parquet. Les conseils de Nicolas Sarkozy estiment que les preuves présentées sont insuffisantes et que les témoignages clés manquent de crédibilité.

Cette affaire, qui empoisonne la vie politique française depuis plusieurs années, repose sur des soupçons de corruption, de trafic d’influence et de financement illégal de campagne. En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné en mars 2025 à trois ans de prison, dont un an ferme, une peine qu’il a immédiatement fait appel. L’ancien chef de l’État a toujours nié en bloc les accusations, dénonçant un « complot » et une « manipulation ».

L’audience se tient devant la cour d’appel de Paris, et devrait durer plusieurs semaines. La défense compte plaider l’absence de preuve matérielle directe du transfert d’argent libyen vers la campagne sarkozyste, et souligner les contradictions entre les différents témoins. Parmi les éléments contestés figurent notamment des carnets attribués à l’ancien ministre libyen des Finances, dont l’authenticité est vigoureusement discutée.

Les avocats de Nicolas Sarkozy entendent également rappeler que plusieurs des protagonistes de l’accusation ont changé leurs versions au fil des années, ce qui affaiblit, selon eux, la solidité du dossier. Ils ont dénoncé un « récit construit de toutes pièces » par des hommes d’affaires et des intermédiaires peu fiables.

De son côté, l’accusation maintient ses accusations, estimant disposer d’un faisceau d’indices concordants : voyages suspects, rencontres secrètes, transferts d’argent non justifiés. Le parquet général a requis en appel une peine similaire à celle prononcée en première instance, soit trois ans de prison.

Le procès en appel, qui a débuté en avril 2025, a déjà vu plusieurs témoins entendus, dont d’anciens responsables politiques et des experts financiers. La décision de la cour est attendue dans les semaines suivant la fin des débats.

L’affaire du financement libyen est l’une des plus retentissantes de la Ve République. Elle mêle des enjeux diplomatiques, des accusations de corruption internationale et des soupçons de collusion entre un ancien chef d’État et un dictateur. Pour Nicolas Sarkozy, l’enjeu est capital : une confirmation de la condamnation en appel pourrait avoir des conséquences politiques et judiciaires lourdes, même si l’ancien président pourrait encore se pourvoir en cassation.

L’audience se poursuit ce jeudi 28 mai, avec la suite des plaidoiries de la défense. Les avocats de Nicolas Sarkozy devraient continuer à détailler leur argumentaire, point par point, pour tenter de convaincre les magistrats de l’innocence de leur client.