La version de pointe du Porsche Cayenne Electric, baptisée « Turbo », affiche une puissance maximale de 1 156 chevaux, accessible uniquement en mode de démarrage « Launch Control ». En usage normal, le conducteur dispose de 857 chevaux, valeur qui peut être portée à 1 033 chevaux pendant une dizaine de secondes via la commande « Push-to-Pass », conçue pour des dépassements éclairs.
Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,5 secondes, une performance que le constructeur allemand compare à celle de la Porsche 911 Turbo. La version « Cayenne S Electric », moins extrême, développe 544 chevaux et franchit le même exercice en moins de 5 secondes, pour une masse de 2 600 kg.
Un comportement routier qui défie la physique
Au-delà de la puissance brute, l’essai révèle une capacité étonnante à s’affranchir des lois de la physique en virage, sans rudesse pour les occupants. Les suspensions pneumatiques à deux chambres et deux soupapes, baptisées « Active Ride », sont fournies de série. Le mode « Confort » isole parfaitement des irrégularités de la route, tandis que le mode « Sport » restitue une perception directe du bitume et supprime tout roulis. Ce niveau de tenue de route contribue à faire perdre rapidement la notion de vitesse, un risque avec une telle puissance disponible.
Un son de moteur simulé en option
Pour les amateurs de sensations sonores, Porsche propose en option — pour 504 euros — un système « Electric Sport Sound » qui simule le vrombissement d’un moteur V8 essence à travers les haut-parleurs. Ce dispositif peut pimenter la conduite mais risque de lasser à l’usage. Le constructeur italien Ferrari, de son côté, a choisi une approche différente pour sa première électrique, la Luce : amplifier les murmures naturels des machines électriques plutôt que de simuler un moteur thermique.
Un SUV électrique qui bouscule les habitudes
Ce Cayenne de quatrième génération, héritier du SUV lancé en 2002 qui avait redressé les finances de la marque, marque un tournant. Porsche s’est converti à l’électrique en raison de la puissance élevée de ses modèles thermiques, parmi les plus émetteurs, mais sa clientèle se montre moins enthousiaste qu’espéré face à cette transition. Le constructeur espère que les performances sidérantes de ce Cayenne Electric suffiront à convaincre les plus réticents. La ligne de toit fuyante, inspirée de la silhouette de la Porsche 911, et la planche de bord qui intègre un écran épousant la forme de la console participent à l’identité distinctive du véhicule.
Une puissance vertigineuse, entre prouesse et vanité
La course à la puissance peut sembler puérile, mais le propre d’un véhicule de luxe est d’offrir toujours plus, sans se préoccuper de l’utilité. Avec 1 156 chevaux en pointe, ce Cayenne électrique se positionne comme la Porsche la plus puissante du moment, même si cette cavalerie n’est disponible que ponctuellement. L’essai confirme que ce grand SUV, malgré son gabarit, accélère aussi fort qu’une supercar, grâce à des technologies validées en compétition de Formula E.