Plus d’un millier de pages de documents inédits, émanant du département de la Sécurité intérieure (DHS), du FBI et de centres d’analyse régionaux (fusion centers), montrent que les autorités américaines ont opéré un « virage national » vers la surveillance d’une catégorie d’activités et de personnes désignée comme « menace émergente ». Selon ces rapports obtenus par une investigation de la presse, cette nouvelle orientation s’inscrit dans la foulée de la directive présidentielle intitulée « National Security Presidential Memo 7 », signée par le président Donald Trump, qui enjoint au ministère de la Justice de cibler toute personne professant des convictions jugées « anti-américaines », « anti-chrétiennes » ou « anti-capitalistes ».
Des attaques contre des dirigeants et des centres de données
Cet avertissement intervient après une série d’incidents récents : des attaques perpétrées contre des chefs d’entreprise du secteur technologique, un mouvement de protestation national visant des centres de données (data centers), et la montée des craintes liées au remplacement des emplois par l’intelligence artificielle. Les autorités estiment que cette mouvance représente une menace nouvelle, sans que les rapports divulgués ne précisent le nombre exact de personnes ou de groupes surveillés.
Une priorité antiterroriste affichée
Parallèlement, le coordinateur antiterroriste de la Maison-Blanche, Sebastian Gorka, a rendue publique une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme dans laquelle les « extrémistes de gauche » figurent parmi les trois priorités absolues des États-Unis en matière de contre-terrorisme. Cette déclaration confirme l’orientation politique qui sous-tend les nouvelles directives de surveillance.
Une définition en débat
Les documents ne détaillent pas la liste précise des comportements ou des croyances qui pourraient relever de cette nouvelle catégorie. L’amalgame potentiel entre une opposition légitime à certaines technologies (par exemple les licenciements massifs liés à l’IA) et des actes violents suscite des interrogations, y compris au sein de la communauté du renseignement. Le caractère « large et préoccupant » de la définition retenue est souligné par plusieurs analystes de sécurité, sans que les sources fournies ne laissent transparaître une critique officielle de la part des agences elles-mêmes.
Contexte politique
Ce durcissement s’inscrit dans une séquence politique plus large. La circulaire présidentielle Trump, citée comme fondement de cette nouvelle surveillance, avait été critiquée à l’époque par des organisations de défense des libertés civiles pour son caractère potentiellement liberticide. La stratégie antiterroriste de Sebastian Gorka accentue encore la polarisation, en érigeant les « extrémistes de gauche » en cible prioritaire au même titre que les groupes djihadistes ou les suprémacistes blancs.
En l’état actuel des informations disponibles, ni la Maison-Blanche ni le département de la Sécurité intérieure n’ont officiellement commenté la diffusion de ces rapports. Les personnalités et entités citées dans les documents restent à identifier.