L'ancienne fonderie automobile de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM), située dans l'Aveyron, s'apprête à connaître une seconde vie. Le site, qui a longtemps tourné au ralenti après la fin de l'activité automobile, va être reconverti en un pôle technologique dédié aux composants électroniques et aux infrastructures de télécommunication. Deux productions principales sont prévues : des puces RFID (radio-identification) et des pylônes dits « nouvelle génération ».

Un virage vers les hautes technologies

Ce projet marque une rupture nette avec le passé industriel du site, exclusivement tourné vers la fonderie automobile. Les puces RFID, qui permettent l'identification par radiofréquence, sont notamment utilisées dans la logistique, le suivi de produits ou encore le contrôle d'accès. Elles connaissent une demande croissante dans de nombreux secteurs, de la distribution à la santé. Quant aux pylônes « nouvelle génération », ils sont conçus pour répondre aux besoins des réseaux de téléphonie mobile de dernière génération (5G et au-delà) ainsi qu'à ceux de l'Internet des objets (IoT).

Un enjeu de réindustrialisation

Au-delà de la simple relocalisation d'activités de pointe, cette reconversion représente un enjeu stratégique pour le territoire aveyronnais. La SAM avait été placée en redressement judiciaire avant d'être reprise, et son site industriel était en grande partie à l'abandon. La création de cette nouvelle plateforme technologique est présentée comme un levier de réindustrialisation et de création d'emplois locaux, dans une région marquée par la désindustrialisation.

Les collectivités locales et les acteurs économiques régionaux ont soutenu le projet, qui s'inscrit dans une dynamique plus large de reconversion des friches industrielles en pôles d'innovation. Ce type de démarche vise à attirer des activités à forte valeur ajoutée, tout en préservant le patrimoine bâti et en limitant l'artificialisation des sols.

Des infrastructures adaptées

L'ancienne fonderie, avec ses grands volumes et ses équipements lourds, doit être adaptée pour accueillir des lignes de production de semi-conducteurs et d'antennes de télécommunication. Les travaux de rénovation et de mise aux normes devraient démarrer prochainement. Le site, qui bénéficie d'une situation géographique favorable et d'une desserte routière correcte, pourrait également servir de base logistique pour les opérations de déploiement des futurs réseaux.

Les premiers équipements de production de puces RFID et de pylônes nouvelle génération devraient être installés à partir de l'année prochaine. Les promoteurs du projet espèrent une montée en charge progressive de l'activité, avec un objectif de plusieurs centaines d'emplois directs à terme.

Un modèle pour d'autres friches ?

Cette reconversion est suivie avec attention par les spécialistes de l'aménagement du territoire et de l'industrie. Elle pourrait servir de modèle pour d'anciens sites industriels en France, nombreux à chercher une nouvelle vocation face à la transition écologique et numérique. Le pari de miser sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) semble répondre à une demande de marché solide, tout en s'inscrivant dans les priorités nationales de souveraineté technologique.

Reste à voir si ce projet, ambitieux, parviendra à attirer les investisseurs et les compétences nécessaires pour redonner vie à cette friche. Les prochaines années seront décisives pour mesurer son impact réel sur l'emploi et le tissu économique aveyronnais.