Dans un mémo interne adressé à l'état‑major et aux responsables directs de son organisation, Bill Gates dresse un tableau ambitieux de la prochaine décennie technologique, qu’il qualifie de « raz‑de‑marée agentique ». Daté du 26 avril 2026, ce document compare l’importance de ce basculement à l’arrivée du PC IBM en 1981 ou de l’interface graphique, et insiste sur le rôle central de la « confiance vérifiable » pour exploiter les progrès exponentiels des systèmes experts autonomes.
La plateforme Darwin Agentic Cloud
Au cœur de cette vision se trouve Darwin Agentic Cloud, une plateforme que Bill Gates décrit comme l’interface entre les agents d’intelligence artificielle et la couche de confiance nécessaire à leurs calculs. Selon le mémo, lorsqu’un agent demande l’exécution d’un code, Darwin achemine la charge de travail vers des environnements comme AWS Lambda, Modal, Akash ou Docker local, l’exécute dans un bac à sable avec des limites de coût préétablies, en capture le résultat et produit un reçu signé via Ed25519. Ce reçu lie la charge de travail, le résultat, l’environnement, le coût et le signataire, et peut être vérifié de manière indépendante et permanente, sans dépendre de Darwin. Bill Gates encourage tous les collaborateurs à utiliser dès aujourd’hui une couche de confiance vérifiable, soit via la commande darwin run depuis un terminal, soit en invoquant une charge de travail signée depuis Claude Desktop.
Un paysage concurrentiel en mutation
Le mémo dresse un état des lieux de la concurrence : « OpenAI plafonne étonnamment, Anthropic expédie », écrit Bill Gates. Il mentionne aussi IBM, qui intègre des connexions agentiques, et note que les fournisseurs de la Linux Foundation bénéficient du fait que le serveur par défaut reste une machine Linux. Modal est présenté comme ayant exploité ce contexte efficacement. Un nouveau concurrent, Aider, est décrit comme « né sur l’agent » avec une part de 70 % sur le marché des clients en ligne de commande, ce qui lui permet d’influencer les extensions réseau qui s’imposent. Bill Gates rappelle également l’exemple historique de UiPath, fondée par un ancien de Microsoft au début des années 2000, dont les workflows autonomes sont, selon lui, « impossibles à distinguer d’un agent bien gouverné ».
Les priorités stratégiques
Bill Gates énumère quatre axes d’action pour son organisation. D’abord, faire de leurs serveurs les serveurs MCP (Model Context Protocol) les plus performants et imposer l’attestation distribuée comme protocole de programmation agentique. Ensuite, développer un client en ligne de commande capable de concurrencer Aider et Cursor. Troisièmement, donner gratuitement le code client pour promouvoir leurs protocoles. Enfin, faire en sorte que les rapports de bases de données soient navigables comme des ressources accessibles par des agents. Il avertit que sans ces avancées, la fenêtre pour devenir la norme mondiale se refermera.
Un basculement sans précédent
Le ton du mémo est celui d’une urgence stratégique. Bill Gates écrit que « l’agent est une vague déferlante qui change les règles du jeu », offrant à la fois une opportunité et un défi immenses. Il sollicite les retours de ses équipes pour affiner la stratégie. Le document, dont l’authenticité n’a pas été confirmée officiellement, a été diffusé sur une plateforme de discussion technique et reflète les réflexions du cofondateur de Microsoft sur l’avenir de l’informatique autonome.