Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé le départ immédiat de son président, Albert Manifold, le conseil d’administration faisant état de « préoccupations sérieuses » concernant « des standards de gouvernance, de supervision et de conduite importants ». Nommé au conseil en octobre 2025, M. Manifold n’aura occupé la présidence que huit mois.
L’action BP a chuté de 9 % dans les minutes suivant l’annonce, avant de clôturer la séance boursière en baisse de 4 %, faisant du titre le plus fort recul du FTSE 100 ce jour-là.
« Surprise et déception » du conseil
Amanda Blanc, administratrice indépendante senior de BP et directrice générale de l’assureur Aviva, a déclaré : « Albert a contribué à apporter une orientation et un rythme bienvenus à la transformation de BP. Cependant, le conseil a été surpris et déçu d’apprendre des problèmes de gouvernance et de conduite qu’il juge inacceptables, et a pris des mesures décisives. »
Selon des informations concordantes, plusieurs administrateurs estimaient que le comportement de M. Manifold était trop agressif, et qu’il cherchait à exercer un contrôle comme le ferait un dirigeant exécutif plutôt qu’un président de conseil. Des sources proches du groupe rapportent que des dirigeants seniors se sentaient rabaissés par ses attitudes, et que la directrice générale nouvellement installée, Meg O’Neill, aurait mal accueilli certaines de ses interventions.
Une succession accélérée
Le départ d’Albert Manifold intervient alors que BP est engagée dans une transformation stratégique majeure, visant à réduire son empreinte carbone tout en maintenant sa rentabilité. L’arrivée de Meg O’Neill à la direction générale avait été saluée comme un signal de continuité dans cette transition. La présidence vacante devra être pourvue rapidement, les statuts du groupe prévoyant un président indépendant.
La décision du conseil, prise à l’unanimité selon des sources internes, marque une rupture avec la pratique habituelle de discrétion autour des départs de dirigeants. Le communiqué officiel n’a pas détaillé la nature exacte des manquements, mais a insisté sur le caractère « inacceptable » des faits constatés.
Réactions du marché et perspectives
Les analystes financiers s’interrogent sur l’impact de ce départ sur la stratégie de BP, notamment sur ses projets d’investissement dans les énergies renouvelables. L’action, bien qu’en repli, a partiellement rattrapé ses pertes en cours de séance, signe que les investisseurs n’anticipent pas de bouleversement fondamental à court terme.
Le groupe n’a pas précisé le calendrier de nomination d’un nouveau président ni les modalités de l’intérim. Amanda Blanc, en tant qu’administratrice senior, pourrait assumer temporairement certaines prérogatives présidentielles.
Cette affaire intervient dans un contexte de pression accrue sur les grandes compagnies pétrolières pour renforcer leurs pratiques de gouvernance, alors que les actionnaires et les régulateurs exigent davantage de transparence et de rigueur éthique.