La Commission européenne serait sur le point d'infliger une amende record à Google pour violation du règlement sur les marchés numériques (DMA), selon des sources internes à l'institution. La décision, qui reviendrait à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, pourrait être annoncée avant les vacances d'été et constituerait la sanction la plus élevée jamais imposée depuis l'entrée en vigueur du DMA en mars 2024.

Le DMA impose aux grandes plateformes qualifiées de « contrôleurs d'accès » de ne pas avantager leurs propres produits et services au détriment de la concurrence. En l'espèce, Bruxelles reproche à Google de mettre en avant ses propres services – Google Shopping, Google Maps, Google Flights – dans les résultats de son moteur de recherche, reléguant les offres concurrentes en bas de page. Une procédure formelle avait été ouverte en mars 2025.

Selon des sources proches de la Commission, la sanction serait de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'euros, un montant inédit dans le cadre du DMA. La décision finale appartient à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Bruxelles a toutefois adopté un ton nuancé en public : le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, a indiqué que l'objectif prioritaire reste d'obtenir la mise en conformité de Google plutôt que de le sanctionner. « Nous n'hésiterons pas à passer aux prochaines étapes dès que possible », a-t-il déclaré.

De son côté, Google a tenté d'éviter la sanction en soumettant plusieurs propositions au fil des mois. En février dernier, le groupe avait notamment envisagé d'afficher par défaut des services tiers spécialisés directement dans ses résultats de recherche. En mai 2026, la Commission a jugé la dernière proposition insuffisante et a accordé un délai supplémentaire au géant américain pour en formuler une nouvelle. Google n'a pas caché son mécontentement : un porte-parole a qualifié les ajustements déjà effectués de « plus grande dégradation de l'historique du produit », estimant que la Commission européenne cherche à imposer « une expérience au rabais pour les Européens ».

Cette nouvelle procédure s'inscrit dans le cadre plus large de la régulation européenne des géants du numérique. Elle intervient quelques mois après que Google a été condamné à une amende de 2,95 milliards d'euros pour ses pratiques anticoncurrentielles dans le domaine de la publicité en ligne. Le bras de fer entre Bruxelles et le groupe californien illustre la volonté de l'Union européenne de faire respecter ses nouvelles règles, même si Google estime que ces exigences dégradent l'expérience utilisateur.

Reste à savoir si une dernière proposition de Google pourra encore infléchir la décision de la Commission avant l'été.