Un nouvel espoir thérapeutique émerge pour les patients atteints de tumeurs cérébrales malignes. Le centre hospitalier Léon Bérard, à Lyon, a débuté le 18 mai dernier un essai clinique inédit baptisé TARLATEM. L’objectif : évaluer l’efficacité d’une combinaison originale associant immunothérapie et chimiothérapie à très faible dose pour ralentir la progression des cancers du cerveau les plus agressifs, notamment en situation de récidive.

Une stratégie en deux temps

L’essai repose sur l’administration simultanée de deux traitements aux mécanismes complémentaires. Le premier est le tarlatamab, un anticorps bispécifique qui agit comme une « passerelle » entre les cellules immunitaires du patient et les cellules tumorales. En se fixant à la fois sur les lymphocytes T et sur les cellules cancéreuses, il force le système immunitaire à reconnaître et à détruire ces dernières. C’est la première fois que cet anticorps est utilisé dans le cadre des tumeurs cérébrales, a précisé le docteur Pierre Leblond, coordinateur de l’étude.

Le second volet du protocole consiste en une chimiothérapie orale, le témozolomide, administrée à très faible dose mais en continu. Contrairement à un usage classique, l’objectif n’est pas ici de tuer directement les cellules cancéreuses, mais de modifier progressivement l’environnement tumoral. Les chercheurs espèrent ainsi rendre la tumeur plus perméable et le système immunitaire plus réceptif à l’action du tarlatamab.

Un besoin urgent face à des tumeurs de mauvais pronostic

« Il y a aujourd’hui un manque de traitement actif en cas de récidive de ces tumeurs hautement agressives, il faut donc introduire de nouveaux agents, imaginer de nouvelles stratégies », a souligné le docteur Leblond dans le communiqué du centre Léon Bérard. Le cancer du cerveau reste une maladie rare : moins de 1 % de la population développera une tumeur maligne cérébrale au cours de sa vie. Mais son pronostic est souvent sombre, et il touche des patients de tous âges, des enfants aux personnes âgées.

L’essai TARLATEM prévoit d’inclure une centaine de patients adolescents et adultes, répartis dans une quinzaine de centres hospitaliers à travers la France. Les premières étapes consisteront à vérifier la bonne tolérance du traitement et à identifier d’éventuels effets secondaires. À plus long terme, les chercheurs observeront si cette stratégie permet effectivement de ralentir la progression de la maladie.

Des résultats encore lointains

À ce stade, il est trop tôt pour conclure sur l’efficacité du protocole. Mais dans un domaine où les options thérapeutiques sont limitées après les premières lignes de traitement, chaque piste est suivie avec attention. Le centre Léon Bérard, spécialisé dans la lutte contre le cancer, espère que cette approche originale pourra offrir une alternative aux patients en récidive, pour lesquels les traitements conventionnels ont épuisé leurs effets.

La recherche sur les tumeurs cérébrales bénéficie depuis plusieurs années d’un regain d’intérêt, notamment grâce aux avancées de l’immunothérapie. L’essai TARLATEM s’inscrit dans cette dynamique, en testant une combinaison qui n’avait jamais été expérimentée pour ce type de cancer.