Un nouveau programme de dépistage automatisé du cancer du poumon a été lancé en France. Baptisé IMPULSION (pour IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION), sa phase pilote a démarré le 11 mai dans cinq régions. L'objectif est de détecter la maladie à un stade précoce et de promouvoir l'arrêt du tabac, afin de réduire significativement la mortalité.
Un cancer fréquent et souvent diagnostiqué tard
Le cancer du poumon est l'un des plus fréquents et des plus mortels. Son incidence a augmenté de 5 % par an au cours de la dernière décennie. Dans trois quarts des cas, le diagnostic intervient à un stade avancé, ce qui limite les possibilités thérapeutiques. Le programme IMPULSION entend inverser cette tendance grâce à un dépistage organisé.
Selon les premières études publiées par l'Institut national du cancer (Inca) et son directeur général Nicolas Scotté, ce dépistage pourrait entraîner une baisse de 20 à 25 % de la mortalité par cancer pulmonaire. Combiné à l'arrêt du tabac, ce taux atteindrait 38 %.
Comment se déroule le dépistage ?
Les volontaires passeront un scanner thoracique à faible dose. Cet examen dure moins de dix minutes et est indolore. Le résultat est ensuite analysé par un radiologue, puis par un système d'intelligence artificielle. En cas d'anomalie, le patient est orienté vers une consultation spécialisée. Si le résultat est normal, le même examen est répété un an plus tard, puis tous les deux ans.
Qui peut participer ?
Seuls les citoyens français répondant à l'ensemble des critères suivants sont éligibles :
- Être âgé de 50 à 74 ans ;
- Être fumeur ou ex-fumeur ayant fumé au moins deux paquets par jour pendant 10 ans, ou un paquet par jour pendant 20 ans ;
- Pour les ex-fumeurs, avoir arrêté de fumer depuis moins de 15 ans ;
- Résider dans l'une des cinq régions pilotes : Île-de-France, Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Pays de la Loire ou Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Un déploiement national envisagé
La phase pilote vise à définir les besoins en formations, en recrutements (radiologues, addictologues) et en matériel. Elle concerne d'abord ces cinq régions avant une extension à l'ensemble du territoire en 2027. L'Inca précise que si les résultats attendus se confirment, le projet pourrait servir de modèle pour un déploiement à grande échelle du dépistage du cancer du poumon en France à l'horizon 2030.
Ce type de programme par scanner à faible dose a déjà été mis en place dans plusieurs pays, notamment en Roumanie, en Croatie, en Angleterre, en Italie et en Australie.