Au Japon, les chats ne sont pas seulement l'animal de compagnie préféré des citoyens, ils sont devenus un véritable moteur économique. Selon un récent rapport, la passion des Japonais pour les félins devrait générer cette année pas moins de 3 000 milliards de yens (environ 18,8 milliards de dollars) pour l'économie du pays, un phénomène que les observateurs ont baptisé « catnomics ».
Leur influence est désormais perceptible dans tous les recoins de la société nippone. Les chats ornent les couvertures d'innombrables romans, ils possèdent une journée officielle qui leur est dédiée (le 22 février, dont la date se lit « nyan nyan nyan », soit l'équivalent onomatopéique du miaulement en japonais), et ils ont dépassé les chiens comme animal de compagnie le plus populaire depuis plusieurs dizaines d'années. Même la famille impériale possède des chats.
Tokyo et son « village des chats »
La puissance de cette « patte économique » est particulièrement visible dans un quartier rétro de Tokyo. Yanaka Ginza, dans le nord-est de la capitale, se présente comme le « village des chats » autoproclamé de la métropole. Ce quartier connaît un véritable boom touristique, porté par son association historique avec les félins. Récemment, des visiteurs nord-américains, australiens et européens se pressaient dans ses rues, attirés par l'ambiance et les nombreuses références aux chats.
Cet engouement n'a rien d'anecdotique. L'île d'Aoshima, dans la préfecture d'Ehime (sud du Japon), est également devenue une destination prisée, avec une population féline qui surpasse largement celle des humains. Les images de chats déambulant dans le port de l'île ont fait le tour du monde, attirant des touristes étrangers en quête d'un décor inhabituel.
Un poids économique considérable
Le concept de « catnomics » recouvre un large éventail d'activités. Au-delà de l'industrie des animaux de compagnie (alimentation, soins vétérinaires, accessoires), il inclut le tourisme dans les « îles aux chats », les cafés à chats, les produits dérivés, les contenus médiatiques (mangas, séries, films centrés sur des félins) et même les services de « garde de chats » ou de « location de chats » pour les personnes n'ayant pas la possibilité d'en adopter.
Les analystes estiment que cette année, la contribution totale des activités liées aux chats atteindra 3 000 milliards de yens. Un chiffre qui illustre la place unique qu'occupent les félins dans la culture et l'économie japonaises, bien au-delà d'un simple effet de mode.