Un bilan précoce de la saison des arboviroses

Santé publique France a dévoilé, mercredi 28 mai, un premier bilan de la circulation des arboviroses importées sur le territoire hexagonal. Depuis le 1er mai, 92 cas de maladies transmises par les moustiques tigres ont été recensés. Ce chiffre inclut 79 cas de dengue, 12 cas de chikungunya et un cas de Zika.

Tous ces cas sont dits « importés », c'est-à-dire contractés lors d’un séjour à l’étranger. Aucun cas autochtone, c'est-à-dire contaminé sur le sol français, n’a été signalé à ce stade.

Un appel à la vigilance des professionnels de santé

Face à ces premiers chiffres, la Direction générale de la santé a adressé un message urgent aux soignants, les invitant à une « vigilance renforcée ». Le ministère de la Santé leur demande d’évoquer systématiquement ces diagnostics devant un tableau clinique évocateur — « fièvre d'apparition brutale, en l'absence d'autre signe infectieux, sans autre diagnostic » — et de prescrire les examens biologiques préconisés, même en l’absence d’un voyage récent en zone à risque.

Les autorités recommandent également aux professionnels de « être vigilants sur la présence de moustiques au sein et aux abords de leurs locaux » et de supprimer les eaux stagnantes, propices au développement des larves.

Un moustique tigre implanté dans 83 départements

Le moustique tigre (Aedes albopictus), vecteur de ces trois maladies, est désormais implanté dans 83 départements français. Sa période d’activité s’étend principalement de mai à novembre, ce qui rend la surveillance particulièrement importante en ce début de saison.

La situation intervient après une année 2025 record, durant laquelle plus de 800 cas autochtones de chikungunya avaient été recensés en France métropolitaine. Ce précédent inquiétant incite les autorités à renforcer les mesures de prévention et de détection précoce.

Des symptômes à ne pas négliger

Les trois maladies présentent des symptômes communs : fièvre brutale, douleurs articulaires ou musculaires, céphalées, éruption cutanée. La dengue peut dans certains cas évoluer vers des formes hémorragiques sévères. Le Zika est particulièrement surveillé chez les femmes enceintes en raison des risques de malformations fœtales. Le chikungunya, quant à lui, peut entraîner des douleurs articulaires persistantes.

Des opérations de démoustication et de prévention

En cas de détection d’un cas confirmé, les autorités sanitaires locales peuvent déclencher des opérations de démoustication ciblées autour du lieu de résidence du patient, afin d’éviter une transmission locale. La population est également incitée à adopter des gestes simples : supprimer les eaux stagnantes (coupelles, pneus usagés, gouttières), porter des vêtements longs et utiliser des répulsifs.

Un début de saison sous surveillance

Avec 92 cas recensés en moins d’un mois et un moustique tigre largement implanté, la saison 2026 des arboviroses s’ouvre sous haute surveillance. Les autorités rappellent que la coopération du public et des soignants est essentielle pour limiter le risque d’apparition de foyers autochtones.