Claire Thoury a été élue présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) ce mercredi, à l’issue d’un scrutin à bulletins secrets. Soutenue par les syndicats et les associations, la candidate de 36 ans a recueilli 97 voix, contre 74 pour sa rivale Dominique Carlac’h, lors du premier tour. Elle prend ainsi la tête pour cinq ans de la troisième assemblée constitutionnelle de la République, qui représente la société civile organisée.

Une succession attendue Claire Thoury remplace Thierry Beaudet, arrivé au terme de son mandat. Sa candidature était la seule en lice aux côtés de celle de Dominique Carlac’h, le chef d’entreprise Sylvain Boucherand, président de la commission environnement, s’étant désisté dans les derniers jours avant le vote. À l’annonce des résultats, la nouvelle présidente a déclaré : « Quel honneur, quel immense honneur », tout en remerciant sa concurrente pour le caractère apaisé de la campagne.

Un discours de ralliement républicain Dans son discours d’investiture, Claire Thoury a convoqué la mémoire du général de Gaulle et son discours prononcé à Bayeux en 1946 pour souligner la force du débat collectif. Elle a estimé que le Cese, fort de ses valeurs républicaines, doit être un « repère » pour réconcilier le pays dans un contexte qu’elle qualifie de « temps graves et hostiles ». Elle a pointé la montée de l’illibéralisme, la remise en cause des corps intermédiaires, du droit des femmes et de la science, autant de menaces qui justifient selon elle le rôle central de l’assemblée.

L’acte II de la réforme du Cese La nouvelle présidente entend engager une deuxième phase de la réforme entamée en 2021, qui avait notamment donné la parole aux citoyens à travers trois conventions sur la transition écologique, la fin de vie et les temps de l’enfant. « Cet acte II passera par une programmation politique assumée, une nouvelle trame d’avis et de nouveaux formats », a-t-elle précisé. Elle souhaite également que le Cese « conseille en temps réel » et s’inscrive pleinement dans le temps politique et parlementaire du pays.

Renforcer la visibilité et les liens avec les organisations Reconnaissant que la plupart des rapports du Cese restent confidentiels et sont parfois jugés trop consensuels, Claire Thoury veut renforcer la visibilité de l’institution centenaire. Elle appelle à ce que le Cese soit « beaucoup plus systématiquement saisi » par les pouvoirs publics. Elle a aussi promis de « travailler ensemble à des liens renouvelés avec les organisations membres du conseil ».

Prochaines échéances La nouvelle présidente a fixé une première étape au 1er juillet prochain, date à laquelle le Cese présentera son programme de travail en vue de l’élection présidentielle. Elle a rappelé que le Conseil économique, social et environnemental a été créé il y a plus d’un siècle « pour que la démocratie sociale vienne en appui à la démocratie politique », et que ses fondateurs avaient compris que personne ne pourrait construire seul les solutions aux crises.