Le gouvernement a tranché. Pour financer une partie des dépenses liées à la guerre en Iran, le barème des exonérations de cotisations patronales sur les salaires sera gelé pour l'ensemble de l'année 2026. La mesure, qui doit être formalisée par un décret soumis prochainement aux caisses de Sécurité sociale, représente une économie de 2,2 milliards d'euros pour l'État.
Cette décision met fin à des semaines d'incertitude, le patronat ayant vivement fait part de son opposition. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a justifié ce choix par la nécessité de contenir le déficit public à 5 % du PIB cette année, alors que l'impact budgétaire du conflit dépasse désormais les 6 milliards d'euros initialement estimés.
Un dispositif ancien mis à contribution
Instaurée il y a plus de trente ans, la politique d'allègements de charges vise à soutenir l'emploi peu qualifié en réduisant le coût du travail pour les entreprises. Son coût pour l'État, qui compense ces exonérations à la Sécurité sociale, a fortement augmenté au fil des années. En gelant le barème, le gouvernement choisit de ne pas revaloriser ces allègements, ce qui équivaut à une hausse mécanique des cotisations pour les employeurs.
Les organisations patronales dénoncent une « double peine » pour les entreprises, qui subiraient à la fois une augmentation des charges et une dégradation de leur compétitivité. La mesure est perçue comme un signal négatif pour l'emploi, en particulier pour les salaires proches du Smic.
Un décret attendu dans les prochains jours
Le décret sera examiné par les caisses de Sécurité sociale avant d'être présenté publiquement. Le gouvernement prévoit de détailler l'ensemble des mesures d'économies en juin. Ce gel s'inscrit dans un effort plus large de maîtrise des finances publiques, alors que le contexte géopolitique pèse lourdement sur le budget.
Du côté de Bercy, on rappelle que cet ajustement est temporaire et lié aux circonstances exceptionnelles de la guerre. Les entreprises, de leur côté, redoutent un effet durable sur la masse salariale et la compétitivité française.