Une analyse publiée ces derniers jours revient sur la construction de l'Europe en tant qu'entité politique et économique, et s'interroge sur la capacité des États-Unis à défaire ce qui a été patiemment bâti depuis l'après-guerre. Le propos central est que l'Europe unie — ses institutions, son marché commun et sa monnaie — doit beaucoup à l'impulsion et au soutien de Washington, mais que les orientations prises par l'administration américaine contemporaine risquent de saper ces acquis.

L'héritage américain dans la construction européenne D'après l'étude, la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, puis de la Communauté économique européenne, a été encouragée par les États-Unis dans le cadre de la guerre froide. Le plan Marshall, l'OTAN et la pression diplomatique américaine ont fourni à l'Europe un cadre de sécurité et de prospérité qui a permis l'intégration. Le texte rappelle que sans ce parrainage américain, l'Europe n'aurait peut-être jamais dépassé le stade des rivalités nationales.

Les menaces actuelles venues de Washington L'analyse pointe plusieurs décisions récentes ou en cours qui pourraient, selon ses auteurs, « défaire » l'Europe. Elle mentionne notamment le désengagement militaire américain, les tensions commerciales transatlantiques, le retrait de certains accords multilatéraux et la remise en cause des alliances traditionnelles. Ces choix, conjugués à une montée des populismes en Europe même, fragilisent les piliers de l'intégration.

Un scénario de fragmentation Le document esquisse les conséquences possibles : un retour à des politiques nationales divergentes, une perte de poids de l'Union européenne sur la scène mondiale, et une dépendance accrue à l'égard d'autres puissances comme la Chine. Il n'écarte pas la possibilité d'un éclatement de la zone euro ou d'un affaiblissement irréversible des institutions communes.

Un avertissement sans fatalisme Toutefois, l'étude ne se veut pas un pronostic inéluctable. Elle suggère que l'Europe dispose encore de leviers pour résister, à condition de renforcer sa propre défense, de diversifier ses partenariats et de retrouver une dynamique politique interne. Le message est clair : si la construction européenne a été en partie une œuvre américaine, son maintien dépend désormais de la volonté des Européens eux-mêmes.