Alors que les préparatifs s’accélèrent pour la Coupe du monde de football qui se tiendra aux États-Unis en 2026, un vent d’espoir souffle sur les quartiers immigrés de New York. Ces dernières années, les petites entreprises de ces communautés ont connu des heures sombres, leurs gérants attribuant la baisse de la fréquentation aux opérations de déportation menées par l’administration Trump. Mais l’arrivée du tournoi mondial suscite désormais l’attente d’un renouveau économique et social.
Un climat de peur et de déclin
Dans plusieurs quartiers new-yorkais à forte population immigrée — notamment dans les arrondissements du Queens et de Brooklyn —, les commerçants rapportent une chute de leur clientèle depuis le renforcement des mesures anti-immigration. Les descentes de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la crainte répandue d’être contrôlé ont poussé de nombreux résidents à limiter leurs déplacements. Des épiceries, restaurants, coiffeurs et autres services locaux ont vu leur chiffre d’affaires s’effondrer. « Les gens avaient peur de sortir, même pour acheter du pain », témoigne un commerçant haïtien du quartier de Flatbush, interrogé par une chaîne d’information. La rumeur des arrestations a créé un climat de méfiance qui a durablement marqué le tissu économique de ces enclaves.
Les propriétaires de ces échoppes, souvent issus de l’immigration eux-mêmes, ont dû puiser dans leurs économies ou s’endetter pour survivre. Certains ont fermé boutique. D’autres ont réduit leurs horaires. La situation est devenue si critique que plusieurs associations communautaires ont lancé des appels à l’aide, réclamant des mesures de soutien de la part de la mairie de New York.
La Coupe du monde : un rayon de soleil
C’est dans ce contexte que la perspective d’accueillir des matchs de la Coupe du monde 2026 — dont la ville hôte, New York, doit recevoir plusieurs rencontres au stade MetLife dans le New Jersey voisin — a commencé à réchauffer les cœurs. « Le football, c’est notre sport, celui de nos pays d’origine. Voir des supporters du monde entier débarquer ici, c’est une chance inespérée », confie un restaurateur dominicain de Washington Heights.
Les commerçants anticipent un afflux de visiteurs — touristes étrangers mais aussi Américains venus de tout le pays — qui pourrait redonner vie à leurs rues. Les restaurants prévoient d’adapter leurs menus aux goûts internationaux, les boutiques de souvenirs se préparent à commander des maillots et fanions, et les salons de coiffure affichent des tarifs spéciaux pour les coupes aux couleurs des drapeaux. L’enthousiasme est palpable dans les rues de Corona, Jackson Heights ou encore Bushwick, où les banderoles aux couleurs du Mondial commencent à fleurir.
Un espoir économique mesuré
Si l’optimisme domine, personne n’oublie que la reprise ne sera pas automatique. Les loyers commerciaux restent élevés, et les dettes contractées durant la période de répression pèsent toujours. Par ailleurs, la présence policière accrue pendant la compétition pourrait raviver certaines craintes parmi les sans-papiers. « Nous voulons que nos clients se sentent en sécurité, pas qu’ils aient peur de croiser un agent », nuance un épicier mexicain de Sunset Park.
Néanmoins, l’événement sportif le plus suivi au monde est perçu comme une bouffée d’oxygène. Les autorités locales, de leur côté, assurent vouloir garantir un accueil chaleureux à tous, sans lien avec les contrôles migratoires. Le maire de New York a récemment déclaré que « la ville sera le visage de l’Amérique ouverte et accueillante ».
Alors que le coup d’envoi du tournoi approche, les quartiers immigrés new-yorkais retiennent leur souffle. Pour beaucoup, la Coupe du monde représente bien plus qu’un divertissement : c’est la promesse de jours meilleurs après des mois de peur et de paralysie économique.