À un mois du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, la billetterie suscite de vives interrogations. Malgré des déclarations optimistes du président de la FIFA, Gianni Infantino, qui évoquait en janvier une demande équivalant à « mille ans de Coupes du monde à la fois », les ventes de billets semblent en deçà des attentes pour la plupart des rencontres. Aucune information officielle ne confirme pour l'instant que des matchs soient complets.

Prix exorbitants et revente organisée

Pour cette édition, la FIFA a introduit une forme de tarification dynamique, ajustant les prix en fonction de la demande, et a créé sa propre plateforme de revente. Sur ce marché secondaire, les détenteurs de billets peuvent les revendre au prix qu'ils souhaitent, la FIFA prélevant une commission de 15 % sur chaque transaction. Cette pratique a conduit à des annonces quotidiennes de tarifs jugés excessifs. Un billet a ainsi été proposé à 2 299 998,85 dollars (environ 1,95 million d'euros), une vente qui aurait rapporté 690 000 dollars (585 000 euros) à l'instance dirigeante du football. Le billet le plus cher pour la finale, à son prix facial, était fixé à 11 000 dollars.

Gianni Infantino a défendu cette stratégie la semaine dernière, arguant que « dans un marché où le divertissement est le plus développé au monde, nous devons appliquer les tarifs du marché ». Il a ajouté que si les prix étaient trop bas, les billets seraient revendus beaucoup plus cher, ce qui, selon lui, se produit déjà.

Des hôtels moins réservés que prévu

Les doutes sur l'affluence réelle sont renforcés par un rapport récent de l'American Hotel and Lodging Association (AHLA). Celui-ci indique que près de 80 % des réservations hôtelières dans les villes hôtes sont inférieures aux prévisions initiales. L'association attribue ce phénomène à un manque de voyageurs internationaux.

« La manière dont je vois les choses, je ne serais pas trop inquiet de l'engouement autour d'une Coupe du monde complète », a déclaré Gilad Zilberman, directeur général du site comparateur de revente SeatPick. « Je pense que les prix vont baisser. C'est mon intuition. Je pense que la FIFA a du mal à vendre », a-t-il ajouté.

Un tournoi à majorité nord-américaine ?

Les difficultés d'obtention de visas, le coût élevé des billets d'avion et d'autres obstacles logistiques laissent présager que le tournoi sera surtout suivi par des supporters des pays hôtes – États-Unis, Mexique et Canada –, qui peuvent se permettre d'attendre la baisse des prix anticipée par les experts. Cette situation risque de priver de nombreux supporteurs étrangers de la possibilité de voir jouer leur équipe nationale, alors que la fenêtre pour planifier un voyage se referme.

La FIFA n'a pas répondu aux questions sur les chiffres de vente et la demande. L'organisation prévoit de générer 3 milliards de dollars de recettes rien que sur la billetterie et l'hospitalité.