Un blocus qui resserre l'étau
Cuba subit de plein fouet les conséquences du blocus économique imposé par les États-Unis, en particulier dans le secteur pétrolier. L'administration américaine a récemment durci ses restrictions sur les livraisons de pétrole à destination de l'île, accentuant une pression déjà forte sur l'économie cubaine. Le gouvernement de Miguel Díaz-Canel dénonce une politique visant à étouffer le pays en le privant de ressources énergétiques essentielles, une stratégie qui, selon lui, vise à provoquer un mécontentement social.
La production électrique à l'arrêt
Le manque de fioul et de diesel a des conséquences directes sur le réseau électrique cubain. De nombreuses centrales thermiques, faute d'approvisionnement, sont contraintes à des arrêts fréquents ou à fonctionner au ralenti. Les coupures de courant, déjà chroniques, se sont multipliées et allongées ces dernières semaines. Dans plusieurs provinces, les foyers subissent des délestages de plusieurs heures par jour, perturbant la vie quotidienne et l'activité économique. Les autorités cubaines reconnaissent leur impuissance totale à rétablir un service normal sans un accès régulier aux hydrocarbures, dont le pays est dépendant à près de 100 %.
Des alternatives limitées
Confronté à ce blocus, Cuba tente de diversifier ses sources d'approvisionnement en se tournant notamment vers le Venezuela, la Russie et certains partenaires asiatiques. Cependant, ces alternatives ne suffisent pas à compenser le volume perdu. Les infrastructures de raffinage de l'île, vieillissantes et peu entretenues, sont également un frein : la raffinerie de Cienfuegos, partiellement réhabilitée, ne peut traiter qu'une partie du brut importé. En parallèle, La Havane mise sur le développement des énergies renouvelables (solaire et éolien), mais ces projets restent embryonnaires et ne couvrent qu'une fraction négligeable des besoins nationaux.
Un impact humanitaire et économique
La crise énergétique a des répercussions en chaîne. Les hôpitaux fonctionnent avec des générateurs de secours, mais la pénurie de gazole compromet leur approvisionnement électrique, mettant en danger les soins aux patients. Les usines tournent au ralenti, freinant une production déjà faible. Le secteur touristique, pourtant vital pour les devises, subit aussi les conséquences de ces pannes. Des manifestations sporadiques ont eu lieu, bien que le régime les attribue à la désinformation venue de l'étranger.
Position des acteurs
Le gouvernement cubain a multiplié les déclarations à l'ONU et devant la communauté internationale pour dénoncer ce qu'il qualifie de crime contre l'humanité. De son côté, Washington justifie ces sanctions par la poursuite d'une transition démocratique à Cuba et par le soutien affiché de La Havane à des régimes hostiles aux intérêts américains. Les observateurs estiment que ce nouveau tour de vis pétrolier est l'un des plus sévères depuis le début de l'embargo en 1962.
Des perspectives incertaines
Sans solution rapide, l'île pourrait voir ses coupures de courant s'aggraver encore pendant les mois d'été, où la demande électrique grimpe. La Havane espère une médiation internationale, mais les chances d'un assouplissement unilatéral américain semblent faibles à court terme. La situation énergétique cubaine reste donc l'un des dossiers les plus préoccupants de la région, tant sur le plan humanitaire que géopolitique.