Des centaines de Cubains en situation irrégulière
Un rapport de l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch, publié ces derniers jours, dresse un tableau alarmant de la situation des ressortissants cubains expulsés vers le Mexique dans le cadre de la politique migratoire de l’administration Trump. Selon le document, ces personnes vivent dans un « vide juridique indéfini » (indefinite legal limbo), sans statut légal clair et sans perspective d’obtenir un permis de séjour ou de travail.
Un « vide juridique » aux conséquences dramatiques
Le rapport souligne que les expulsés cubains, après avoir été renvoyés du territoire américain, se retrouvent bloqués au Mexique, où les autorités locales peinent à leur offrir une protection ou une voie de régularisation. « Ils ne peuvent ni retourner à Cuba, ni rester légalement au Mexique, ni obtenir un accès aux services de base », explique l’organisation. Cette situation les expose à la pauvreté, à l’exploitation et à l’insécurité.
Une lutte quotidienne pour survivre
Les témoignages recueillis par Human Rights Watch décrivent une existence précaire : beaucoup dorment dans la rue ou dans des abris de fortune, n’ont pas accès aux soins de santé et dépendent de l’aide humanitaire ou de la charité. « Je ne peux pas travailler légalement, je gagne tout juste de quoi manger », déclare l’un des migrants cité dans le rapport. L’absence de papiers interdit toute intégration économique et sociale, transformant l’attente en un enfer quotidien.
Des conséquences de la politique migratoire américaine
Ce phénomène est une conséquence directe des mesures de la précédente administration américaine, qui a durci les conditions d’accueil des migrants cubains et intensifié les expulsions vers le Mexique plutôt que de les renvoyer directement à Cuba, comme le prévoyait auparavant l’accord de « pieds secs, pieds mouillés » (wet foot, dry foot policy) abrogé en 2017. En 2025 et 2026, les expulsions se sont multipliées, créant un afflux soudain de personnes sans statut à la frontière sud du Mexique.
Une réaction attendue des autorités
Le gouvernement mexicain, sollicité par Human Rights Watch, n’a pas encore répondu officiellement aux conclusions du rapport. L’organisation appelle les autorités mexicaines à accorder un statut temporaire ou une protection humanitaire à ces migrants, et demande à l’administration américaine actuelle de réviser sa politique d’expulsion. « Les États-Unis ne peuvent pas se décharger de leur responsabilité en refoulant des personnes vers un pays où elles n’ont aucun avenir », conclut le document.
Un appel à une solution régionale
Le rapport de Human Rights Watch intervient dans un contexte de tensions migratoires croissantes dans toute la région. L’organisation appelle à une coordination régionale entre Cuba, le Mexique et les États-Unis pour trouver une solution durable à cette situation humanitaire. « Le vide juridique actuel n’est pas acceptable. Chaque jour qui passe aggrave la souffrance de ces personnes », insiste le rapport.
Des chiffres encore imprécis
Si le rapport ne fournit pas de chiffre exact du nombre de Cubains concernés, il estime qu’ils se comptent par centaines, principalement dans les villes frontalières du nord du Mexique, comme Tijuana ou Ciudad Juárez. L’enquête de l’ONG s’appuie sur des entretiens menés au cours des derniers mois auprès d’une trentaine de migrants, ainsi que sur des données recueillies auprès d’organisations locales d’aide aux migrants.
L’avenir de ces familles cubaines reste incertain, suspendu aux décisions politiques des deux côtés du Rio Grande.