L’ancien ministre Alain Marleix et le politologue Thomas Ehrhard signent une tribune dans laquelle ils remettent en cause le principe du découpage électoral actuel en France. Selon eux, le critère démographique utilisé pour délimiter les circonscriptions législatives — à savoir le nombre d’habitants, et non celui des inscrits sur les listes électorales — désavantage systématiquement la droite.
Les auteurs estiment que ce mode de calcul crée un déséquilibre dans la représentation, en faveur des zones urbaines souvent plus densément peuplées. Or, ces territoires, où les inscrits sont proportionnellement moins nombreux par rapport à la population totale (en raison notamment d’une part plus importante de jeunes et d’étrangers), bénéficient d’une surreprésentation relative. À l’inverse, les circonscriptions rurales, davantage peuplées d’électeurs inscrits, seraient sous-représentées.
Un « charcutage électoral »
Marleix et Ehrhard qualifient cette situation de « charcutage électoral » et y voient une distorsion de l’égalité du suffrage. Ils rappellent que le droit de vote est attaché à la qualité d’électeur inscrit, et non à la simple présence sur le territoire. En basant le découpage sur la population totale, on inclurait des personnes non électeurs (mineurs, résidents étrangers, etc.), ce qui fausserait la représentativité réelle des circonscriptions.
Ils appellent donc à une réforme du mode de découpage, en proposant que celui-ci se fonde désormais sur le nombre d’inscrits sur les listes électorales, afin de garantir une égalité réelle entre les électeurs, quelle que soit leur localisation géographique.
Un débat ancien relancé
Cette tribune s’inscrit dans un débat récurrent sur la représentativité des circonscriptions et les effets du découpage sur la vie politique. Des travaux académiques ont déjà montré que les modes de calcul actuels pouvaient avantager certains partis. Avec cette prise de position, Marleix et Ehrhard espèrent relancer la réflexion sur une réforme électorale qu’ils jugent nécessaire pour rétablir la confiance dans le processus démocratique.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du gouvernement ou des autorités électorales n’a été rapportée. Mais la tribune pourrait alimenter les discussions lors des prochains débats parlementaires sur le code électoral.