La Cour des comptes a rendu public, mercredi 27 mai, un rapport dans lequel elle estime qu’un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale est possible « en quatre ans ». L’institution, basée rue Cambon à Paris, propose de « tendre » vers une résorption du déficit « à l’horizon de 2030 ».

Pour y parvenir, la Cour préconise de concentrer les efforts sur deux postes de dépenses majeurs : les retraites et l’assurance-maladie. Ces deux branches représentent l’essentiel des déficits chroniques du régime général. Le rapport ne détaille pas de mesures chiffrées, mais insiste sur la nécessité d’engager des réformes structurelles.

Un objectif ambitieux mais jugé réaliste

Le chemin préconisé par la Cour des comptes suppose une maîtrise plus stricte des dépenses et une amélioration de l’efficience du système. L’institution considère que cet objectif est atteignable sans remettre en cause les grands principes de solidarité qui fondent la Sécurité sociale.

Le rapport s’inscrit dans le cadre des travaux annuels de la Cour sur les finances publiques. Il intervient alors que le gouvernement prépare le prochain budget de la Sécurité sociale, qui doit être présenté à l’automne. Les prévisions actuelles tablent sur un déficit persistant dans les années à venir si aucune mesure corrective n’est prise.

Des pistes d’économies sur les retraites et la santé

Sur les retraites, la Cour suggère une poursuite de l’allongement de la durée de cotisation ou un ajustement des paramètres de revalorisation. Sur l’assurance-maladie, elle recommande de renforcer la pertinence des soins, de lutter contre les gaspillages et de mieux encadrer les dépenses de médicaments.

L’institution appelle également à une meilleure coordination entre l’État et les caisses d’assurance-maladie pour tenir les objectifs financiers. Elle insiste sur la nécessité d’un pilotage pluriannuel des dépenses, au-delà du cadre budgétaire annuel.

Pas de réaction officielle immédiate

Au moment de la publication du rapport, ni le ministère de la Santé ni celui des Comptes publics n’avaient encore réagi officiellement. Le débat s’annonce vif dans les semaines à venir, alors que la question du financement de la protection sociale reste au cœur des préoccupations économiques et politiques.