Le gouvernement fédéral australien prévoit de retirer plus de 240 000 participants du régime national d’assurance invalidité (NDIS) dans les quatre années suivant l’entrée en vigueur de nouvelles règles d’éligibilité, selon des documents internes révélés. Les modélisations dévoilées indiquent que 241 000 personnes bénéficiant du programme avant janvier 2028 ne recevront plus de soutien d’ici la mi-2031.
Des économies massives sur la participation sociale
Ces coupes sont au cœur d’une série de mesures drastiques que le gouvernement travailliste de l’Albanese met en œuvre pour contenir l’explosion des dépenses du NDIS. Les documents montrent que la réduction du financement alloué à la participation sociale, civique et communautaire devrait représenter la plus importante source d’économies de l’ensemble du dispositif. Le régime, initialement conçu pour soutenir les personnes handicapées, était en voie d’atteindre un coût annuel de 117 milliards de dollars australiens, un niveau jugé insoutenable par les autorités.
Un calendrier de « sortie » des participants
Les modélisations du ministère détaillent le nombre de participants qui seront « exclus » du NDIS chaque année. Selon ces projections, le processus de retrait s’étalera sur plusieurs années, touchant d’abord les nouvelles demandes avant de concerner les bénéficiaires existants. Les critères d’éligibilité seront resserrés pour limiter l’accès au programme aux personnes présentant les incapacités les plus sévères, tandis que celles dont les besoins sont considérés comme moins lourds seront redirigées vers d’autres services de soutien.
Réactions et inquiétudes des associations
Des associations de défense des droits des personnes handicapées ont exprimé leur vive inquiétude face à ces projections. Elles craignent que de nombreux participants perdent un soutien essentiel à leur autonomie et à leur inclusion sociale. « Ces chiffres confirment que des milliers de personnes vont se retrouver sans filet de sécurité », a déclaré un porte-parole d’une organisation représentative, sous couvert d’anonymat. Le gouvernement assure de son côté que les personnes les plus vulnérables continueront à être protégées et que des alternatives seront mises en place via les systèmes de santé et de services sociaux des États.
Un contexte de tensions budgétaires
La réforme du NDIS intervient dans un contexte de pression budgétaire accrue. Le coût du programme, qui devait à l’origine rester maîtrisé, a connu une croissance exponentielle, passant de 22 milliards de dollars en 2020 à près de 50 milliards en 2025. Sans ces nouvelles restrictions, les projections indiquaient un doublement des dépenses d’ici la fin de la décennie. Le gouvernement a déjà annoncé une série de mesures visant à réduire les dépenses, incluant la limitation des prestations pour les aides technologiques et le transport.
Prochaines étapes législatives
Les nouvelles règles d’éligibilité doivent être soumises au Parlement fédéral dans les prochains mois. Le gouvernement dispose d’une majorité à la Chambre des représentants mais pourrait faire face à une opposition au Sénat, où les Verts et certains indépendants réclament des garanties pour éviter des exclusions massives. Le débat s’annonce vif alors que la commission parlementaire chargée d’examiner le projet de loi doit tenir des auditions publiques à partir de la semaine prochaine.