Un départ au ralenti

L'histoire du cricket féminin a longtemps souffert d'un vide archivistique. En 2011, alors qu'une chercheuse entamait un doctorat sur le sujet, la bibliothèque du MCC, pourtant la plus grande collection de documents imprimés sur le cricket au monde, ne proposait qu'une maigre section consacrée au cricket féminin. Celle-ci ne comptait, à l'époque, que trois livres. L'un d'eux était l'autobiographie de Rachael Heyhoe Flint, pionnière du cricket féminin, publiée en 1978. Pour ce qui est des archives elles-mêmes, rien n'était disponible.

Une enquête menant à une grange

La situation a radicalement changé grâce à un patient travail de détective. La chercheuse a suivi une piste qui l'a menée dans le Lancashire, dans une vieille grange. C'est là qu'un véritable trésor a été exhumé : des albums, des lettres, des journaux intimes et des coupures de presse conservés depuis des décennies. Ces documents, négligés ou oubliés, constituent désormais la base d'une collection d'archives complète et en bonne santé.

Un fonds désormais riche et accessible

Aujourd'hui, la bibliothèque du MCC ne se limite plus à trois ouvrages. Le fonds sur le cricket féminin est devenu une ressource historique majeure. Il permet de retracer des pans entiers de l'histoire de ce sport, souvent passés sous silence. La découverte dans la grange du Lancashire a été fondamentale pour reconstituer la mémoire des pionnières, des compétitions et de la vie associative autour du cricket féminin. Ce travail de collecte montre l'importance de préserver les traces du passé, même celles qui semblent perdues.

Une leçon pour l'histoire du sport

Cette renaissance archivistique illustre la difficulté à documenter l'histoire des pratiques sportives féminines, longtemps marginalisées. La transformation du fonds de la bibliothèque du MCC est emblématique d'un changement plus large dans la reconnaissance du rôle des femmes dans le sport. De simple témoignage personnel, ces documents deviennent des pièces d'histoire collective, désormais à la disposition des chercheurs et du public.