Alors que l'administration Trump affirme avoir « largement négocié » un accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran, de nombreux sénateurs républicains ont exprimé de sérieux doutes sur la viabilité d'un tel arrangement. Les critiques émanent notamment de figures proches du président, qui jugent les conditions évoquées insuffisantes pour garantir les objectifs militaires américains.

Selon des responsables américains et iraniens, un cadre d'accord prévoirait la réouverture du détroit d'Ormuz – bloqué depuis plusieurs semaines par Téhéran – ainsi que l'engagement de l'Iran à se défaire de son uranium hautement enrichi. Les négociations sur le nucléaire devraient s'étendre sur une période de trente à soixante jours.

Des sénateurs républicains montent au créneau

Le sénateur de Caroline du Nord Thom Tillis a jugé « discutable » la promesse iranienne de rouvrir le détroit d'Ormuz sans un accord de paix définitif. Interrogé lors d'une émission politique diffusée dimanche, il a estimé que « beaucoup de choses doivent encore être expliquées ».

Roger Wicker, président de la commission des forces armées du Sénat, a qualifié un « cessez-le-feu de soixante jours, avec l'idée que l'Iran négociera de bonne foi » de « désastre », dans un message publié samedi sur les réseaux sociaux.

Lindsey Graham, pourtant l'un des alliés les plus fidèles du président, a mis en garde contre une reconnaissance implicite de l'Iran comme puissance régionale dominante. Conclure un accord maintenant, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, aboutirait à « un cauchemar pour Israël » et ferait « se demander pourquoi la guerre a commencé ».

Ted Cruz, sénateur du Texas, s'est dit « profondément inquiet » qu'un accord laisse à l'Iran le contrôle du détroit d'Ormuz et la capacité d'enrichir de l'uranium, ce qui serait selon lui « une erreur désastreuse ».

Soutien nuancé de la hiérarchie républicaine

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a pour sa part adopté une position plus mesurée. Invité d'une émission matinale dimanche, il s'est dit « confiant » que l'accord « réglerait le problème de la poussière nucléaire » – expression utilisée par Donald Trump pour désigner le stock d'uranium enrichi iranien – et a salué la « volonté résolue » du président de freiner les ambitions nucléaires de Téhéran.

Le sénateur Rand Paul, souvent critique de la politique étrangère trumpiste, a appelé ses collègues à la patience. « Ils devraient laisser au président Trump l'espace nécessaire pour trouver une solution plaçant l'Amérique en premier », a-t-il écrit dimanche.

Réactions démocrates et réponse de Trump

Les sénateurs démocrates se sont joints aux critiques. Cory Booker, du New Jersey, a affirmé que le président « se fait avoir comme un idiot », tandis que Chris Van Hollen, du Maryland, a vu dans le cadre évoqué « un retour au statu quo d'avant-guerre ».

Donald Trump a répliqué dimanche sur les réseaux sociaux, qualifiant tout accord qu'il négocierait de « bon et juste » et accusant ses détracteurs d'être « des perdants qui critiquent quelque chose dont ils ne savent rien ».