L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026, après la confirmation d'une flambée due au virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola, en République démocratique du Congo et en Ouganda. L'organisation a toutefois précisé que cette flambée ne répondait pas aux critères d'une pandémie. Cette annonce survient alors que l'OMS tient sa 79e Assemblée générale du 18 au 23 mai 2026, et intervient peu après une épidémie de hantavirus à bord du navire MV Hondius.

Ebola reste un défi sanitaire majeur dans les régions touchées. Le virus endommage les vaisseaux sanguins et provoque des hémorragies internes sévères. La transmission se fait des animaux à l'homme, puis entre humains par contact direct avec le sang, les organes, les sécrétions ou d'autres liquides biologiques. Le taux de létalité varie considérablement selon les souches : la maladie à virus Ebola (souche Zaïre) tue environ 90 % des personnes infectées, tandis que la maladie à virus Soudan entraîne la mort dans environ 50 % des cas. La souche Bundibugyo, découverte en 2007, est la troisième variante la plus fréquente en Afrique.

Historique des flambées les plus graves

Le virus a été identifié pour la première fois en 1976 près de la rivière Ebola, lors de deux épidémies simultanées au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) et au Soudan du Sud. La plus grande flambée jamais enregistrée a eu lieu entre 2014 et 2016 : partie de la RDC, elle s'est propagée au Liberia, à la Guinée et à la Sierra Leone, provoquant plus de 28 600 infections et environ 10 000 décès. Entre 2018 et 2020, une nouvelle épidémie partie de la RDC a gagné l'Ouganda. D'autres flambées ont touché le Gabon, l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, le Mali et le Sénégal, faisant au total au moins 2 000 morts.

Symptômes et prise en charge

Les symptômes sont communs à toutes les souches : fièvre, nausées, faiblesse, perte d'appétit et saignements inexpliqués. Des douleurs thoraciques peuvent survenir en cas d'infection par le virus Soudan, mais sont moins fréquentes avec le virus Ebola. Un traitement hospitalier précoce, comprenant l'administration de liquides par voie orale et intraveineuse ainsi que des médicaments, peut réduire le risque de décès. Deux traitements à base d'anticorps sont disponibles : Ebanga, qui empêche le virus de pénétrer dans les cellules, et Inmazeb, un cocktail de trois anticorps. Les patients doivent éviter de recevoir des vaccins à virus vivants en même temps que ces traitements.

Vaccins et recherche

Des vaccins existent pour certaines souches du virus Ebola. Les chercheurs ont profité des flambées récentes, caractérisées par un nombre élevé d'infections, pour tester des vaccins en cours de développement dans des conditions réelles. La mise au point de nouveaux vaccins pourrait contribuer à alléger le fardeau de la maladie dans les zones d'endémie.

Conclusion

Alors que l'OMS exhorte les États à renforcer la surveillance et la préparation, la flambée actuelle rappelle qu'Ebola demeure une menace constante en Afrique. La réactivité des autorités sanitaires et la coopération internationale sont essentielles pour éviter une propagation incontrôlée.