Faits et mise en examen

Le procureur de la République de Rennes a tenu une conférence de presse pour détailler l'affaire du décès d'un enfant de 11 ans, prénommé Théo, dont le corps a été découvert sur une berge de la Vilaine. Selon le magistrat, les deux adolescents interpellés, âgés de 15 et 16 ans, ont reconnu les faits. Ils affirment avoir agi pour venger le vol de matériel de pêche. «Les adolescents disent avoir agi pour du matériel de pêche», a déclaré le procureur, citant des leurres de pêche volés. L'un des mis en cause aurait imputé ce vol à la jeune victime. Les deux suspects ont été mis en examen pour «assassinat» et placés en détention provisoire.

Les circonstances du drame

Les investigations ont permis de reconstituer le déroulé des événements. Théo, 11 ans, aurait été attiré par les deux adolescents sur une berge isolée de la Vilaine, à Rennes. Là, il aurait été frappé puis étranglé. Les premiers éléments de l'autopsie confirment une mort par asphyxie mécanique, compatible avec une strangulation. Le mobile du vol de matériel de pêche – des leurres de pêche – est apparu au cours des auditions. Les adolescents auraient voulu «rendre la justice» eux-mêmes, selon les termes du parquet, après avoir accusé Théo d'avoir dérobé ces accessoires.

Réactions et émotion

La famille de la victime, sous le choc, a exprimé son incompréhension et sa douleur. Une marche blanche est organisée ce week-end à Rennes en mémoire de l'enfant. De nombreux habitants se sont rassemblés spontanément devant le collège que fréquentait Théo. Le maire de Rennes a fait part de son «horreur» et de sa «consternation» face à ce drame qui bouleverse la communauté éducative et le quartier. Des psychologues ont été dépêchés dans l'établissement scolaire de la victime pour accompagner élèves et personnels.

Les suites judiciaires

L'enquête se poursuit sous l'autorité d'un juge d'instruction. Les deux adolescents devront répondre de leurs actes devant la justice des mineurs. La qualification d'«assassinat» retenue par le parquet – soit un meurtre commis avec préméditation – pourrait alourdir la peine encourue. Le procureur a précisé que les jeunes avaient prémédité leur acte, en attirant la victime dans un endroit isolé. La défense, de son côté, n'a pas encore communiqué. L'affaire suscite une vive émotion à Rennes et au-delà, relançant le débat sur la violence chez les mineurs.