L’activiste environnementale Erin Brockovich, connue pour ses combats contre les grandes entreprises, a lancé un site internet invitant les citoyens américains à signaler les préoccupations suscitées par l’implantation massive de centres de données. Le site, baptisé brockovichdatacenter.com, entend cartographier les installations existantes ou en construction et recueillir les témoignages des riverains.

Le portail énumère plusieurs « préoccupations clés » liées à ces infrastructures. Il mentionne notamment la forte consommation d’énergie, qui aggrave l’empreinte carbone et fait grimper les coûts, ainsi que l’utilisation importante d’eau pour le refroidissement, pouvant peser sur les ressources locales. Sont également cités l’augmentation des déchets électroniques due au renouvellement fréquent du matériel, les risques liés à l’emplacement (catastrophes naturelles, instabilité géopolitique), la pression exercée sur les infrastructures locales par une croissance rapide, et le bruit constant des systèmes de refroidissement et des générateurs.

« Ces défis soulignent la nécessité de pratiques durables, sûres et efficaces pour les centres de données d’intelligence artificielle », indique le site. « L’autosignalement est le meilleur moyen de diffuser ces informations au public ! »

L’appel de Brockovich intervient alors que plus de 4 200 centres de données sont déjà recensés sur le territoire américain. L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle accélère la construction de ces installations, provoquant des tensions croissantes avec les communautés locales. De nombreux riverains dénoncent les nuisances environnementales et sonores, tandis que les promoteurs plaident pour le développement économique et la compétitivité technologique.

Un activisme qui s’étend à la tech

En s’attaquant à ce dossier, Erin Brockovich inscrit son combat dans un champ nouveau, celui de l’infrastructure numérique. L’activiste, devenue célèbre dans les années 1990 pour son action contre la pollution de l’eau par une entreprise californienne, élargit ainsi son champ d’action à une époque où la méfiance du public envers l’impact de l’IA sur l’emploi, la sécurité et l’environnement ne cesse de grandir.

Le site propose une carte interactive superposant les localisations des grands centres de données et les signalements envoyés par les habitants. Les internautes peuvent soumettre leurs propres observations ou inquiétudes, contribuant ainsi à une base de données que l’activiste espère rendre publique afin de peser sur les décisions des autorités et des entreprises.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des principaux opérateurs de centres de données n’a été rapportée. L’initiative de Brockovich pourrait néanmoins donner une caisse de résonance aux contestations locales et nourrir le débat sur la régulation de ces infrastructures, alors que l’administration fédérale encourage leur développement pour maintenir la position dominante des États-Unis dans le domaine de l’intelligence artificielle.