Le groupe américain Estée Lauder a annoncé jeudi avoir mis un terme aux négociations en vue d’une fusion avec son rival espagnol Puig, qui aurait donné naissance à un conglomérat de mode et de beauté valorisé à près de 40 milliards de dollars.

Estée Lauder, l’un des plus grands fabricants mondiaux de soins pour la peau, de maquillage et de parfums, possède des marques telles que Clinique, Bobbi Brown et Tom Ford Beauty. Puig, de son côté, a fait son entrée à la Bourse de Madrid il y a deux ans et contrôle des maisons comme Jean Paul Gaultier, Charlotte Tilbury, Carolina Herrera et Dries van Noten.

Des divergences sur la structure de la fusion

Dans un communiqué, Estée Lauder a indiqué que « les parties ont mis fin aux discussions concernant une éventuelle combinaison d’entreprises ». Les pourparlers, révélés en mars, butaient sur des divergences quant à la manière dont l’entité fusionnée serait organisée.

Un point de désaccord clé concernait le niveau de compensation réclamé par Charlotte Tilbury, l’une des plus riches entrepreneuses britanniques de la beauté. Puig avait acquis une participation majoritaire dans sa marque en 2020 pour environ 1,2 milliard de dollars, puis avait étendu son partenariat deux ans plus tard.

Réaction positive des marchés

L’annonce de l’échec des négociations a été bien accueillie par les investisseurs. L’action Estée Lauder a bondi de 11,5 % dans les échanges après la clôture de la Bourse jeudi, signe que le marché jugeait risquée ou trop coûteuse une telle opération.

Aucune des deux parties n’a fourni de détails supplémentaires sur les raisons précises de la rupture des pourparlers, mais les analystes soulignent que la valorisation des actifs et les conditions de gouvernance constituaient des obstacles majeurs.

Contexte concurrentiel

Cette fusion avortée intervient dans un secteur de la beauté en pleine consolidation. Les grands groupes cherchent à élargir leur portefeuille de marques pour répondre à une demande croissante de produits haut de gamme et de niche. L’alliance entre Estée Lauder et Puig aurait créé un concurrent de poids face à des géants comme L’Oréal.

Pour Puig, qui avait levé des fonds importants lors de son introduction en Bourse, l’échec des discussions pourrait le conduire à explorer d’autres opportunités de croissance externe ou à renforcer ses marques existantes. Estée Lauder, de son côté, continue de miser sur ses marques historiques et ses récentes acquisitions pour soutenir sa croissance.