L’action Ferrari a chuté mardi à la Bourse de Milan après la présentation très attendue de sa première voiture électrique. Le constructeur italien, référence mondiale des sportives de luxe, a dévoilé un modèle au design radicalement différent, conçu par Jony Ive, l’ancien directeur du design d’Apple. Le recul du titre, qui a atteint 8 % en séance avant de se stabiliser à −6 %, traduit l’incertitude des investisseurs quant à l’accueil réservé à ce véhicule.
Un modèle aux performances électriques élevées
Nommée Luce, cette berline électrique affiche un prix de départ de 640 000 dollars (environ 545 000 livres sterling). Selon le constructeur, son autonomie atteint 530 kilomètres (329 miles) grâce à une batterie d’une capacité de 122 kilowattheures. Équipée de quatre moteurs, elle abat le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et atteint une vitesse maximale de plus de 310 km/h. Ferrari produit l’intégralité de ses véhicules dans son usine de Maranello, dans le nord de l’Italie.
Un design signé Jony Ive qui divise
Le style épuré et minimaliste de la Luce, qui rompt avec les lignes agressives des sportives thermiques de la marque, a immédiatement suscité des réactions contrastées. Plusieurs analystes ont mis en doute la capacité du modèle à incarner l’héritage sportif de Ferrari, historiquement associé à des moteurs V12 rugissants et à une silhouette de coupé. Le constructeur a pour sa part défendu une conception « simplifiée et rationalisée ».
Un pari stratégique pour l’avenir
Cette première incursion dans l’électrique intervient alors que Ferrari, valorisée environ 56 milliards d’euros avant l’annonce, tente de concilier l’électrification avec l’ADN de performance qui fait sa renommée. La réaction du marché suggère que le pari est risqué : si certains clients fortunés pourraient être séduits par l’association Ferrari-Jony Ive, d’autres jugent que le modèle s’éloigne trop de l’identité visuelle et sonore qui a forgé le mythe de la marque. Le lancement était pourtant l’un des plus attendus de l’année dans l’industrie automobile.
Conséquences boursières et perspectives
Le titre Ferrari, qui s’échangeait autour des 300 euros en février 2026, a perdu près de 6 % dans la journée de mardi. Si la correction n’est pas exceptionnelle pour un lancement aussi crucial, elle illustre les doutes persistants sur la capacité du fabricant de sportives à dominer le segment des voitures électriques de luxe, face à des concurrents comme Rimac ou Lotus. Les prochains mois seront décisifs pour jauger l’appétit des collectionneurs et des amateurs de la marque au cheval cabré.