Un dévoilement historique à Rome
Ferrari a présenté fin mai à Rome le design extérieur complet de la Luce, son premier modèle 100 % électrique. Le lieu n'a pas été choisi au hasard : c'est dans la capitale italienne, aux Thermes de Caracalla, que la marque a remporté sa toute première course en 1947. Soixante-dix-neuf ans plus tard, la Luce rompt radicalement avec l'héritage du cheval cabré. Fini le capot interminable et le V12 : place à une verrière enveloppante que le constructeur appelle « glass house », laquelle descend sous la ligne de ceinture et forme une coque en goutte d'eau. Deux ailes aérodynamiques flottantes, à l'avant et à l'arrière, encadrent cette bulle de verre.
La patte de Jony Ive et Marc Newson
Le design de la Luce a été confié à Jony Ive et Marc Newson, réunis au sein du studio LoveFrom qu'ils ont fondé en 2019 après avoir quitté Apple. Ive, connu pour avoir façonné l'iPhone, l'iMac et l'iPad, a imposé son minimalisme : pas de ligne superflue, des surfaces épurées, une forme dictée par la fonction. Le résultat ne ressemble à aucune Ferrari classique ni à aucun concurrent électrique actuel. L'intérieur, marqué par la même philosophie, propose cinq places, quatre portes antagonistes et un coffre de 597 litres – nettement plus que le Purosangue, le SUV hybride de la marque.
Des performances électriques de premier ordre
Sous la verrière, quatre moteurs synchrones à aimants permanents développent 1 113 chevaux (830 kW). La batterie, fournie par le coréen SK On, affiche une capacité de 122 kWh et offre environ 530 kilomètres d'autonomie selon le cycle WLTP. La charge rapide accepte jusqu'à 350 kW en courant continu, grâce à une plateforme 880 volts dédiée. La répartition des masses, de 47 % sur l'avant et 53 % sur l'arrière, a été optimisée pour la tenue de route. Pour compenser l'absence de rugissement thermique, Ferrari a développé un système acoustique qui capte les vibrations de l'essieu arrière via un capteur et les amplifie, à la manière d'une guitare électrique branchée sur un amplificateur.
Un positionnement tarifaire très haut de gamme
Avec un prix dépassant 550 000 euros, la Luce coûte environ trois fois le tarif d'une Porsche Taycan Turbo S (à partir de 218 000 euros) et se place au-dessus du Purosangue hybride V12 (environ 390 000 euros). Ce choix affirme que l'électrification ne sera pas un prétexte pour descendre en gamme chez Ferrari. Alors que Porsche a revu ses ambitions électriques à la baisse après des ventes décevantes du Taycan, que Lamborghini a repoussé son premier modèle 100 % électrique à 2029 et que Bentley annonce un retour partiel au thermique, Ferrari prend le pari inverse : un véhicule électrique ultra-haut de gamme sans hybridation transitoire.
Calendrier de livraison
Les premières livraisons italiennes sont prévues en octobre 2026. Le reste de l'Europe suivra au premier trimestre 2027. Aucun configurateur en ligne n'a encore été ouvert pour les clients potentiels. La Ferrari Luce marque ainsi une nouvelle ère pour la marque de Maranello, alliant le génie du design de Jony Ive aux exigences de la performance électrique.