Le gouvernement a officialisé les contours d'un dispositif de sécurité exceptionnel à l'occasion de la finale de la Ligue des champions, qui se tient samedi 30 mai à Budapest et oppose le Paris Saint-Germain à Arsenal. Les autorités s'attendent à une forte mobilisation populaire dans les rues de la capitale, quel que soit le résultat du match.

Des effectifs décuplés par rapport à l'année précédente

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a révélé mercredi 27 mai les chiffres clefs de l'opération : 22 000 policiers et gendarmes seront déployés sur l'ensemble du territoire national. Parmi eux, 8 000 agents sont spécifiquement affectés à Paris et sa proche banlieue. Ce dispositif surpasse très largement celui de l'édition précédente, qui avait vu 5 400 membres des forces de l'ordre mobilisés dans l'agglomération parisienne pour le premier sacre du club de la capitale. Le match, qualifié de « à haut risque pour l'ordre public » par le ministre, a motivé ce renforcement considérable.

Une journée sous haute tension, entre sport et concerts

La journée de samedi concentre plusieurs événements majeurs dans la capitale. Outre la retransmission de la finale au Parc des Princes, deux prestations musicales de grande envergure sont programmées : la chanteuse Aya Nakamura au Stade de France et le rappeur Damso, également attendu à Paris. Cet alignement de manifestations populaires a conduit la préfecture de police à élaborer un plan de gestion des foules particulièrement complexe. Par ailleurs, le match se jouant à Budapest, un important flux de supporteurs est attendu dans les gares parisiennes, où une présence policière accrue est déjà prévue.

Un périmètre de sécurité élargi et des restrictions de circulation

Parmi les mesures concrètes annoncées, l'avenue des Champs-Élysées sera piétonnisée pour l'occasion, afin de canaliser les rassemblements spontanés. La circulation sera interdite sur cette artère emblématique durant la soirée. Le dispositif sera maintenu jusqu'à l'aube du dimanche, de 20 heures samedi à 5 heures du matin, les forces de l'ordre ayant pour mission de « défendre Paris » pendant cette fenêtre critique. En cas de victoire du PSG, le plan de sécurité sera prolongé le lendemain, la coupe devant être ramenée dans la capitale.

Des consignes de fermeté et un renfort judiciaire

Le ministre de l'Intérieur a adressé un télégramme à l'ensemble des préfets, leur demandant de faire preuve de la « plus grande fermeté » face à d'éventuels débordements. Laurent Nuñez a également promis une « tolérance zéro » en cas de trouble à l'ordre public. En parallèle, le parquet de Paris a renforcé son propre dispositif : sept magistrats seront mobilisés, notamment au sein du parquet des mineurs, afin de traiter rapidement les dossiers liés aux auteurs d'infractions. Cette présence judiciaire renforcée vise à permettre une réponse pénale immédiate en cas de violences urbaines ou de dégradations.

Une année de tous les records sécuritaires

Le déploiement annoncé pour cette finale constitue l'un des plus massifs jamais organisés pour un événement sportif en France. Il témoigne de la volonté des pouvoirs publics d'éviter les scènes de chaos qui avaient marqué certaines célébrations précédentes. La conjugaison d'un match à fort enjeu, de concerts simultanés et d'une affluence potentielle de plusieurs milliers de personnes dans les rangs des supporteurs des deux camps a conduit à une mobilisation sans précédent des forces de l'ordre et de l'appareil judiciaire.