L’avant-dernière journée du procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 a été marquée par la plaidoirie du conseil de Claude Guéant, absent pour raison de santé. Me Philippe Bouchez El Ghozi a défendu son client seul, celui-ci n’ayant pu se rendre à l’audience en raison d’une maladie grave.

L’avocat a estimé que l’absence de l’ancien ministre de l’Intérieur avait été exploitée par Nicolas Sarkozy. « Les absents ont toujours tort », a-t-il ironisé, reprenant une expression courante. Selon lui, l’ex-chef de l’État aurait qualifié de « faute » et d’« erreur grave » la rencontre entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, ancien chef des services de renseignement libyens. Me Bouchez El Ghozi a vivement contesté cette appréciation, estimant que son client avait agi dans le cadre de ses fonctions et qu’il n’y avait rien de répréhensible dans cette entrevue.

La vente controversée des tableaux flamands

Un autre volet de la défense a porté sur la vente de tableaux de maîtres flamands, qui a suscité des interrogations lors de l’instruction. Claude Guéant avait vendu plusieurs œuvres d’art, et les enquêteurs se sont demandé si cette transaction n’avait pas servi à blanchir de l’argent issu d’un éventuel financement libyen. Me Bouchez El Ghozi a plaidé la bonne foi de son client, assurant que la vente était parfaitement légale et que les fonds provenaient de sources claires.

Un procès marqué par les déclarations de Nicolas Sarkozy

Au cours des audiences précédentes, Nicolas Sarkozy, également jugé dans cette affaire, avait reconnu avoir rencontré à plusieurs reprises des responsables libyens, mais avait nié tout accord financier. Il avait également évoqué les « erreurs » de son ancien ministre, un propos que la défense de Claude Guéant juge opportuniste. « L’absence de Claude Guéant a été utilisée par Nicolas Sarkozy pour se décharger », a affirmé l’avocat, sans que cette affirmation puisse être vérifiée dans le cadre des débats.

La cour doit désormais se prononcer sur les charges qui pèsent sur les prévenus. Claude Guéant est notamment poursuivi pour recel de détournement de fonds publics, complicité de financement illégal de campagne électorale et abus de biens sociaux. Il a toujours nié les faits. Le verdict est attendu dans les prochains jours.