Alors que le déficit de la Sécurité sociale risque de se creuser sous l'effet des tensions géopolitiques, la Cour des comptes a remis sur la table, mercredi 27 mai, plusieurs propositions sensibles visant à freiner les dépenses de l'Assurance Maladie. Dans son rapport annuel, l'institution préconise notamment d'étendre le système de franchises et de participations forfaitaires à de nouveaux actes, comme les consultations chez le dentiste.

Un élargissement des franchises aux soins dentaires Actuellement, les patients doivent déjà s'acquitter de quelques euros non remboursés par leur complémentaire santé lorsqu'ils consultent un médecin généraliste ou spécialiste, un kinésithérapeute, une infirmière, ou lorsqu'ils achètent des médicaments en pharmacie ou utilisent un transport sanitaire. La Cour des comptes souhaite que ce dispositif, en place depuis les années 2000, soit étendu aux soins dentaires. Les patients devraient alors payer une participation forfaitaire lors de chaque consultation chez le dentiste, sans possibilité de prise en charge par la mutuelle.

Des transports sanitaires dans le viseur Le rapport pointe aussi les dépenses liées aux transports sanitaires (taxis, ambulances), qui connaissent une progression rapide. La Cour recommande de renforcer le contrôle médical sur les prescriptions de transport et d'inciter à la mutualisation des trajets, afin de réduire la facture pour l'Assurance Maladie.

Un déficit qui se creuse Ces propositions interviennent dans un contexte où le déficit de la Sécurité sociale, déjà sous surveillance, pourrait se dégrader davantage en raison des incertitudes budgétaires liées à la situation au Moyen-Orient. La Cour des comptes appelle le prochain budget à intégrer ces mesures pour contribuer au redressement des comptes.

Des pistes politiquement sensibles L'élargissement des franchises est un sujet politiquement explosif, les précédentes tentatives ayant suscité de vives oppositions. En étendant le principe aux soins dentaires, la Cour touche à un domaine jusqu'ici épargné, ce qui pourrait raviver le débat sur la participation des patients aux dépenses de santé.