Les ménages britanniques subiront à partir de juillet la plus forte hausse estivale des tarifs de l'énergie depuis quatre ans. Le régulateur du marché de l'énergie pour la Grande-Bretagne, Ofgem, a annoncé une augmentation de 13 % du plafond des prix, en raison de la envolée des coûts de gros provoquée par le conflit en Iran.
Un bond de la facture annuelle
Depuis le 1er juillet et jusqu'à fin septembre, le plafond tarifaire portera la facture moyenne d'électricité et de gaz à l'équivalent de 1 862 livres sterling par an pour un ménage type payant par prélèvement automatique. Il s'agit de la plus forte progression estivale depuis 2022, alors que les prix de gros du gaz en Europe ont plus que doublé par rapport à leur niveau d'avant-crise.
Ofgem détermine le montant maximum que les fournisseurs peuvent facturer par unité d'électricité et de gaz, en fonction notamment du coût moyen d'approvisionnement sur les marchés de gros au cours des mois précédant chaque nouvelle période d'application du plafond. Ce mécanisme intègre également la redevance journalière fixe (standing charge), quel que soit le volume consommé.
Nouveaux tarifs unitaires
Concrètement, pour les clients payant par prélèvement automatique, le prix du kilowattheure d'électricité passera de 24,67 pence à 26,11 pence, tandis que celui du gaz grimpera de 5,74 pence à 7,33 pence. Ces hausses reflètent la flambée des prix de gros, elle-même alimentée par la guerre en Iran, décrite comme le plus grand choc d'approvisionnement énergétique jamais enregistré, perturbant les exportations de pétrole et de gaz depuis le golfe Persique.
Un endettement record des ménages
Cette nouvelle augmentation intervient alors que les ménages britanniques accumulent déjà des niveaux records de dettes énergétiques depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les associations de consommateurs redoutent que ce nouveau choc tarifaire ne creuse encore davantage les arriérés de paiement et n'aggrave la précarité énergétique. Le gouvernement est sous pression pour renforcer les dispositifs d'aide aux foyers les plus vulnérables.
Contexte géopolitique
Le conflit en Iran a provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux, entraînant une hausse généralisée des prix de l'énergie en Europe. La Grande-Bretagne, fortement dépendante des importations de gaz, est particulièrement exposée à ces variations. Le plafond tarifaire, révisé tous les trois mois, vise à protéger les consommateurs des fluctuations brutales des marchés, mais ne peut empêcher totalement la répercussion des hausses de coûts.
Réactions
Ofgem a justifié cette décision par la nécessité de refléter les coûts réels supportés par les fournisseurs, tout en reconnaissant l'impact sur les ménages. Des associations de défense des consommateurs ont dénoncé une mesure qui va peser lourdement sur les budgets familiaux, et réclament un élargissement des dispositifs d'aide existants. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de mesures complémentaires.
Prochaine révision du plafond : fin septembre, pour la période octobre-décembre.