Chaque été, la scène se répète dans les complexes hôteliers : dès l’aube, des serviettes de bain s’alignent sur les transats, leurs propriétaires disparaissant parfois pendant des heures. Cette pratique, qui prive d'autres clients d’un équipement pourtant inclus dans leur séjour, est devenue un casse-tête pour les professionnels du tourisme. Une start-up toulousaine a imaginé une riposte technologique.
Un capteur discret sous chaque chaise longue
Développé au sein de l’IoT Valley à Labège, le dispositif baptisé Naqualea repose sur un capteur discret placé sous chaque chaise longue. « Il détecte la présence, ou non, d'une personne », explique Perla Barcessat, fondatrice et directrice de la start-up. L’établissement définit une durée maximale d’absence tolérée : par exemple deux heures sur le temps du déjeuner, ou une heure durant le reste de la journée. Une fois ce délai dépassé, une alerte permet au personnel d’intervenir pour libérer la place, en plaçant les affaires du vacancier dans un espace dédié.
Du côté des clients, une application mobile permet de consulter en temps réel les transats disponibles, évitant ainsi les frustrations et la recherche interminable d’une place libre. « L'idée est née d'une expérience que nous avons déjà tous eue. Plutôt que de subir, on s'est lancé pour trouver la solution », confie Perla Barcessat.
Un problème récurrent et une décision de justice
La problématique dépasse le simple désagrément. Un tribunal allemand a récemment condamné le géant du tourisme TUI à indemniser un client à hauteur de près de 1 000 euros. En cause, l’impossibilité pour ce client et sa famille de profiter des transats d’un hôtel situé sur l’île grecque de Kos, pourtant inclus dans leur formule tout compris.
Jusqu’à présent, les hôtels s’appuyaient sur des mesures informelles : panneaux d’avertissement ou surveillance visuelle du personnel. Mais ces méthodes montrent leurs limites. « On apporte ici une véritable traçabilité », souligne la dirigeante de Naqualea.
Un objectif d’équité et de données
L’objectif affiché est clair : « rétablir une certaine équité entre les vacanciers ». Pour la start-up, l’accès à un transat fait « pleinement partie de la prestation payée par les clients. Chacun doit donc pouvoir en bénéficier », avance Perla Barcessat.
Au-delà de la gestion des conflits, la technologie présente aussi un intérêt stratégique pour les professionnels. « Les données collectées permettront de mieux comprendre les habitudes des vacanciers et d’adapter les services proposés, qu’il s’agisse d’activités ou d’aménagements », assure la fondatrice.
Un premier déploiement encourageant
Lancée en mai, la solution séduit déjà plusieurs établissements français et espagnols, dont une dizaine de partenaires, à l’image d’un camping situé dans les Pyrénées-Orientales. De quoi laisser entrevoir la fin progressive des « réservations fantômes » et, peut-être, apaiser durablement la guerre des transats.