Alors que l’accession à la propriété dans les grandes métropoles canadiennes devient de plus en plus difficile, certains jeunes acheteurs explorent des voies alternatives. Pour eux, la porte d’entrée dans le marché immobilier n’est plus un condo en ville, mais un chalet à la campagne, une tendance que met en lumière l’histoire de Victoria Preston, une jeune femme de 26 ans vivant à Toronto.

Un premier achat à la campagne

Victoria Preston pensait que son premier pas dans l’immobilier serait un condo à Toronto. Mais après avoir étudié les offres, elle a fait une découverte inattendue : une propriété en bord de lac dans la région de Kawartha Lakes, à environ 90 minutes de la ville, au prix d’un deux-pièces urbain, mais avec plus de terrain et un potentiel locatif.

Avec son frère, elle a acheté ce bien en 2023 pour environ 700 000 dollars canadiens. Aujourd’hui, elle le loue la plupart de l’année, ainsi qu’un second chalet acquis à proximité. Les revenus locatifs, combinés à son emploi dans la finance, lui ont permis d’acheter un condo de deux chambres à Toronto plus tôt cette année. « Le fait d’avoir des revenus supplémentaires provenant des deux propriétés locatives change beaucoup de choses, cela m’a rendue financièrement beaucoup plus confiante », explique-t-elle.

Un engouement chez les jeunes

Ce parcours individuel illustre un mouvement plus large. Selon un sondage récent de Remax Canada, mené fin mars auprès d’environ 1 700 Canadiens de 18 ans et plus, près de la moitié des acheteurs potentiels considèrent une propriété récréative comme un point d’entrée dans le marché immobilier. Chez les 18-34 ans, plus de la moitié estiment que ces biens jouent un rôle dans leurs plans financiers à long terme, contre seulement 30 % chez les 35 ans et plus.

Don Kottick, président de Remax Canada, souligne que cet intérêt « met en lumière les moyens créatifs que les gens vont employer pour atteindre ce rêve de la propriété au Canada », alors que l’abordabilité est souvent présentée comme une menace pour ce rêve.

Un marché sous tension

Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les prix, bien qu’en baisse dans certaines régions, restent élevés dans les grands centres. Dans la région du Grand Toronto, le prix de vente moyen d’une maison a reculé de 4,9 % en avril par rapport à l’année précédente, mais s’établissait encore à 1 051 969 dollars canadiens. Face à ces chiffres, le recours aux propriétés de villégiature apparaît comme une stratégie pragmatique pour une génération prête à s’éloigner des centres-villes afin de concrétiser son projet d’achat.