Le nombre d’essais cliniques portant sur les immunothérapies a connu une croissance spectaculaire au cours des dix dernières années. Les chercheurs transforment leur connaissance du système immunitaire en armes thérapeutiques puissantes. En tête de ces avancées figurent les traitements anticancéreux, mais d’autres pathologies sont également dans le viseur : infections, allergies, maladies cérébrales et troubles auto-immuns.
Qu’est-ce que l’immunothérapie ?
Les immunothérapies sont des traitements biologiques qui exploitent le système immunitaire pour prévenir, contrôler et combattre des maladies ou des affections. La forme la plus connue est la vaccination, qui entraîne l’organisme à reconnaître des cibles telles que des agents pathogènes envahisseurs. D’autres immunothérapies visent à renforcer des réponses immunitaires trop faibles, ou au contraire à les calmer lorsqu’elles deviennent incontrôlables. Il existe aussi des approches utilisant des cellules immunitaires modifiées en laboratoire ou des anticorps artificiels pour perturber les processus pathologiques.
Applications multiples
Si le cancer concentre l’essentiel des recherches actuelles, le potentiel de l’immunothérapie s’étend bien au-delà. Par exemple, des traitements en développement ciblent les infections persistantes, les réactions allergiques sévères, certaines maladies neurodégénératives et des dysfonctionnements du système immunitaire lui-même. Une infirmière du centre de cancérologie Mount Vernon, dans le Hertfordshire, prépare une nouvelle injection d’immunothérapie destinée à une douzaine de cancers, illustrant la diversité des applications.
Mécanismes d’action
Les immunothérapies agissent selon plusieurs mécanismes. Les vaccins préventifs ou thérapeutiques stimulent la mémoire immunitaire. Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (checkpoint inhibitors) lèvent les freins que les tumeurs imposent aux cellules immunitaires. Les anticorps monoclonaux, fabriqués en laboratoire, peuvent marquer les cellules malades pour qu’elles soient détruites ou bloquer des signaux de croissance. Enfin, les thérapies cellulaires, comme les cellules CAR-T, consistent à prélever des lymphocytes du patient, les modifier génétiquement pour qu’ils reconnaissent et attaquent les cellules cancéreuses, puis les réinjecter.
Perspectives
La vague actuelle d’essais cliniques laisse espérer des avancées rapides dans des domaines où les options thérapeutiques étaient limitées. Chaque approche comporte des défis : résistances, effets secondaires liés à une suractivation immunitaire, coût élevé des traitements. Mais l’optimisme domine chez les chercheurs, qui voient dans ces outils une nouvelle ère de la médecine personnalisée.