Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé ce lundi qu’Israël allait « intensifier » son offensive militaire au Liban avec pour objectif d’« écraser » le Hezbollah, le mouvement armé pro‑iranien. Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne Telegram, il a déclaré : « Nous ne freinons pas, au contraire, j’ai demandé à accélérer. Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser le Hezbollah. » Cette annonce intervient alors que les États‑Unis et l’Iran tentent de finaliser les termes d’un accord destiné à mettre fin aux hostilités au Moyen‑Orient.
Un appel à la guerre totale de Ben Gvir
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a renchéri en exhortant le gouvernement à « revenir à une guerre d’envergure » au Liban. Sur le réseau social X, il a estimé qu’il était « interdit de normaliser la réalité des drones explosifs » et a appelé le Premier ministre à « frapper du poing sur la table face à Donald Trump et lui annoncer qu’on reprend la guerre au Liban ». Ces propos traduisent les tensions au sein de la coalition israélienne entre une ligne dure favorable à une escalade et les efforts diplomatiques en cours.
Les négociations Iran‑États‑Unis se poursuivent
Parallèlement, les discussions entre Téhéran et Washington se multiplient. Une délégation iranienne de haut niveau, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et comprenant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi ainsi que le gouverneur de la Banque centrale, s’est rendue au Qatar pour des entretiens sur les efforts de paix et la question des avoirs gelés. Selon une source proche des discussions, la visite aborde « les sujets liés au détroit d’Ormuz et à l’uranium hautement enrichi », dans le cadre d’un éventuel accord final entre les deux puissances. L’agence officielle iranienne Irna a précisé que ce déplacement « s’inscrit dans le cadre du processus diplomatique ».
Trump conditionne un accord à la signature des accords d’Abraham
Le président américain Donald Trump a pour sa part exigé que les pays à majorité musulmane, notamment l’Arabie saoudite, le Qatar et le Pakistan, normalisent leurs relations avec Israël dans le cadre du plan de paix avec l’Iran. Dans un message sur son réseau Truth Social, il a écrit : « J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États‑Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham. » Il a également prévenu qu’un accord avec l’Iran serait « soit excellent et significatif, soit il n’y aura pas d’accord », se démarquant du précédent accord nucléaire de 2015 (JCPOA) qu’il qualifie de « désastre ».
Pas d’accord imminent selon l’Iran
L’Iran a fait état de « progrès sur de nombreux points » avec les États‑Unis, mais a rejeté l’idée d’un accord imminent, selon une déclaration officielle. Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a également annoncé que l’Iran impose désormais des frais pour « services de navigation » aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, tout en assurant qu’il ne s’agit pas d’un péage. Cette mesure s’inscrit dans le contexte des négociations et des tensions autour de cette voie maritime stratégique.
La Chine et le Pakistan impliqués
Le président chinois Xi Jinping a reçu lundi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Pékin. Le Pakistan joue le rôle de principal médiateur dans les négociations entre l’Iran et les États‑Unis. La Chine a réaffirmé son soutien aux efforts pakistanais pour résoudre la crise au Moyen‑Orient, sans que les détails des discussions n’aient été communiqués dans l’immédiat.
Une escalade aux conséquences régionales
L’annonce de Benjamin Netanyahou intervient dans un contexte de fragilité des négociations. Alors que les États‑Unis et l’Iran cherchent un accord global incluant la question nucléaire et la sécurité régionale, la détermination israélienne à poursuivre et amplifier les opérations contre le Hezbollah complique la perspective d’une désescalade. Les déclarations de Ben Gvir renforcent les appels à une guerre totale, tandis que la diplomatie tente de maintenir des canaux ouverts, notamment via le Qatar et le Pakistan. L’évolution des prochains jours sera décisive pour l’équilibre régional.