Une plainte a été déposée contre Jean Messiha, figure proche de l'extrême droite et ancien porte-parole d'Éric Zemmour, l'accusant d'avoir encaissé les 42 000 euros d'une cagnotte en ligne. Cette somme avait été collectée au bénéfice des veuves des agents pénitentiaires tués le 14 mai 2025 lors de l'évasion du détenu Mohamed Amra, au péage d'Incarville (Eure).

La cagnotte, ouverte sur une plateforme de financement participatif, était explicitement destinée « aux familles des deux agents pénitentiaires décédés dans l’attaque du fourgon » lors de l'évasion. Cependant, selon la plainte, Jean Messiha aurait détourné les fonds à son profit, sans lien avec les victimes. L'information, révélée par le média Blast, a été confirmée par une source proche du dossier.

Les faits reprochés

L'essayiste est soupçonné d'avoir utilisé sa notoriété pour capter la générosité des internautes, en présentant la cagnotte comme un soutien aux familles des agents. Les 42 000 euros récoltés auraient été reversés sur un compte personnel, et non aux ayants droit des victimes. La plateforme de cagnotte aurait suspendu la collecte après avoir constaté des anomalies, mais les fonds avaient déjà été transférés.

La plainte, déposée auprès du parquet de Paris, vise des chefs d'abus de confiance et d'escroquerie. Pour l'heure, Jean Messiha n'a pas répondu publiquement aux accusations. Ses proches évoquent un « malentendu » et affirment que l'argent serait destiné à « d'autres actions de soutien » sans plus de précisions.

Contexte de l'évasion

Le 14 mai 2025, Mohamed Amra, surnommé « La Mouche », s'est évadé d'un fourgon pénitentiaire à Incarville. Deux agents, âgés de 34 et 52 ans, ont été tués par balles lors de l'attaque, et trois autres blessés. L'évasion a provoqué une onde de choc dans le pays et un vaste débat sur la sécurité pénitentiaire. Plusieurs cagnottes solidaires ont alors été ouvertes pour soutenir les familles des victimes.

Réactions politiques

Cette affaire suscite des remous dans le milieu politique. Des élus de tous bords ont condamné le geste présumé de Jean Messiha. Un député de la majorité présidentielle a déclaré que « détourner de l'argent destiné à des veuves d'agents morts en service est moralement indigne et doit être sanctionné ». À gauche, on évoque un « nouveau scandale » pour une figure déjà controversée. L'extrême droite, de son côté, tente de prendre ses distances, plusieurs responsables appelant à « laisser la justice faire son travail ».

Problématique de confiance dans les cagnottes en ligne

L'affaire relance également les interrogations sur le manque de régulation des plateformes de financement participatif en France. Si certaines sont encadrées, la plupart ne vérifient pas la destination finale des fonds. Chaque année, des dizaines de plaintes pour détournement de cagnottes solidaires sont déposées, mais peu aboutissent à des condamnations. Cette affaire pourrait accélérer une réflexion législative sur un encadrement plus strict.

Enquête en cours

La justice a ouvert une enquête préliminaire. Les investigations devront déterminer si Jean Messiha a agi en toute connaissance de cause ou s'il a été trompé par un tiers. L'audition de la plateforme de cagnotte est attendue dans les prochains jours. Le parquet de Paris n'a pas communiqué officiellement sur le dossier.