L'escalade militaire s'accélère au Liban. L'armée israélienne a averti mercredi 27 mai qu'elle considère désormais comme une « zone de combat » tout le territoire situé au sud du fleuve Zahrani, une ligne située à une quarantaine de kilomètres de la frontière. Cette déclaration spectaculaire, qui étend considérablement le périmètre des opérations israéliennes, a été suivie jeudi 28 mai de nouveaux ordres d'évacuation lancés aux habitants de Tyr, la grande ville côtière du sud du pays.

Une nouvelle zone de combat

Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a prévenu que les forces israéliennes allaient agir contre le Hezbollah « avec une très grande force » dans cette région. Tous les habitants encore présents au sud du fleuve Zahrani ont été invités à se diriger vers la rive nord. Jeudi matin, un message spécifique a ciblé les résidents de Tyr et d'une localité de sa banlieue nord-est, leur ordonnant d'évacuer immédiatement « pour votre sécurité ». Les forces israéliennes ont mené des raids aériens sur Tyr et ses environs, selon l'agence de presse nationale libanaise ANI et des témoins.

L'armée israélienne mène simultanément des opérations terrestres au-delà de la « ligne jaune », une bande d'environ dix kilomètres dont elle avait pris le contrôle plus tôt dans le conflit. Elle a annoncé la mort d'un soldat, portant à deux le nombre de militaires tués en deux jours.

Des affrontements directs avec le Hezbollah

Le Hezbollah a de son côté affirmé que ses combattants s'étaient livrés à « des affrontements directs avec les forces ennemies » dans la localité de Zawtar el-Charqiyé, située à la lisière de la « ligne jaune ». Le mouvement chiite pro-iranien a également revendiqué trois attaques de drones contre des troupes israéliennes dans le nord d'Israël. Il accuse l'armée israélienne de tenter de s'infiltrer dans cette zone stratégique proche de Nabatiyé, une autre grande ville du sud libanais où les dégâts causés par les frappes sont qualifiés d'« énormes » par l'ANI.

Ces hostilités se déroulent en dépit du cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 17 avril, que les deux parties s'accusent mutuellement de violer. La reprise des combats a coïncidé avec la grande fête musulmane de l'Aïd al-Adha, compliquant les déplacements des civils.

Réunion militaire au Pentagone

Cette escalade intervient à un moment diplomatique sensible. Une réunion militaire entre délégations israélienne et libanaise est prévue vendredi 29 mai au Pentagone, à Washington. La partie libanaise, dirigée par le général Georges Rizkallah, doit « insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités » et présenter un plan visant à « restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'État » sur l'ensemble du territoire. De nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain sont également attendues les 2 et 3 juin.

Un lourd bilan humain

Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé, publié mercredi, les frappes israéliennes ont tué 3 269 personnes depuis le début de la guerre, qui a éclaté lorsque le Hezbollah a ouvert un front en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février. Dans les zones évacuées, les autorités locales ont averti que les abris étaient débordés, exhortant les déplacés à se diriger plutôt vers Beyrouth. Les combats continuent de dévaster le sud du pays, où civils et infrastructures paient un lourd tribut.