L'armée israélienne a étendu ses opérations terrestres dans le sud du Liban au-delà de la « ligne jaune », une zone tampon établie en avril pour délimiter la zone sous contrôle israélien. L'annonce a été faite mardi par l'armée, confirmant des informations de presse israéliennes. Selon un communiqué militaire, ces opérations « ciblées » visent à « éliminer les menaces directes qui pèsent sur les citoyens de l'État d'Israël et sur les soldats », conformément aux directives politiques.
31 morts dans les frappes israéliennes
Le gouvernement libanais a annoncé que les frappes israéliennes menées mardi sur le sud du pays ont fait 31 morts, dont au moins quatre enfants et trois femmes, selon un communiqué du ministère de la Santé. Quarante autres personnes ont été blessées. Quatorze des victimes ont été recensées à Burj al-Shamali, près de Tyr. L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de près de 20 villages avant ces attaques, le porte-parole arabophone Avichay Adraee ayant énuméré quatorze localités dans un premier message, puis cinq autres, les résidents étant invités à se rendre au nord du fleuve Zahrani.
« Ligne jaune » : une zone de 10 km de profondeur
Israël avait instauré en avril une zone de 10 kilomètres de profondeur en territoire libanais, matérialisée par une « ligne jaune », interdite d'accès à la presse et à la population, où l'armée mène des opérations de démolition. Les médias israéliens Haaretz, Ynet et la chaîne publique KAN avaient rapporté que l'armée « avait entamé des opérations terrestres au-delà de la +ligne jaune+ au Liban afin de repousser les drones explosifs du Hezbollah ». Sollicitée par l'AFP lundi, l'armée n'avait pas commenté ces informations dans l'immédiat.
Escalade malgré la trêve
Cette extension des opérations intervient alors qu'un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis le 17 avril. L'armée israélienne continue de pilonner le sud et parfois l'est du Liban, tandis que le Hezbollah revendique régulièrement des attaques contre les forces israéliennes, notamment avec des drones à fibre optique. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait averti lundi : « Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser » le Hezbollah.
Parallèlement, une frappe à Gaza visant le chef du Hamas
Le même jour, Israël a annoncé avoir visé dans la bande de Gaza Mohammed Odeh, présenté comme le nouveau dirigeant de la branche armée du Hamas. Selon un communiqué conjoint du Premier ministre et du ministre de la Défense, Israël Katz, cette frappe ciblait « l'un des architectes du massacre du 7 octobre ». Odeh avait été nommé il y a environ une semaine pour remplacer Ezzedine al-Haddad, tué lors d'une frappe le 15 mai. L'armée n'a pas précisé si Mohammed Odeh avait été tué.
Contexte régional et implication américaine
Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump a annoncé une réunion de son gouvernement mercredi à Camp David, principalement consacrée au conflit avec l'Iran. Cette réunion intervient alors que les tractations avec Téhéran ne semblent pas progresser. L'Iran a accusé mardi les États-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays. Selon le New York Post, l'économie sera également au menu de cette réunion.
Premières mesures de rétablissement d'Internet en Iran
En Iran, le vice-président Mohammad Reza Aref a annoncé mardi de premières mesures pour rétablir l'accès à Internet, après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël le 28 février. L'ONG NetBlocks a confirmé un rétablissement « partiel » de la connectivité, après 2 093 heures d'isolement quasi total, décrit comme la plus longue coupure nationale d'Internet de l'histoire moderne.