Un diagnostic en forme de K
L'avenir économique se joue désormais à deux vitesses. C'est en substance le constat dressé par l'analyste et professeur Peter Atwater dans une intervention récente. Selon lui, l'économie mondiale a adopté une structure dite « en forme de K » (K-shaped economy), où la reprise ou la croissance ne profite qu'à une partie de la société, tandis que l'autre partie reste à la traîne, voire s'enfonce.
Qu'est-ce qu'une économie en K ?
Le terme « économie en K » décrit une reprise asymétrique : la branche ascendante du K correspond aux secteurs et aux catégories sociales qui bénéficient des mutations technologiques, de la hausse des marchés financiers ou de l'innovation. La branche descendante, elle, représente ceux qui subissent le chômage, la stagnation des revenus ou l'obsolescence de leurs compétences. Peter Atwater insiste sur le caractère « divisé » de cette dynamique : les perspectives d'avenir ne sont plus les mêmes selon le côté du K où l'on se trouve.
Les gagnants et les perdants
L'analyste n'identifie pas de secteurs précis, mais son analyse suggère que les grandes entreprises technologiques, les détenteurs d'actifs financiers et les travailleurs hautement qualifiés se situent dans la branche ascendante. À l'inverse, les travailleurs peu qualifiés, les secteurs traditionnels en déclin et les ménages endettés peuplent la branche descendante. Ce clivage, observé depuis la pandémie, semble selon lui s'ancrer dans la durée.
Un impact sur les décisions politiques
Cette fracture économique a des conséquences directes sur la sphère politique et les choix de société. Atwater souligne que l'incertitude et le sentiment de déclassement alimentent des tensions sociales et politiques. Les gouvernements sont confrontés à un dilemme : soutenir l'innovation et la compétitivité, moteurs de la branche haute, ou renforcer les filets de sécurité pour amortir la chute de la branche basse. Le défi est d'autant plus grand que les deux logiques peuvent paraître contradictoires.
Un optimisme prudent pour certains
Malgré ce tableau en deux tons, Atwater ne se montre pas entièrement pessimiste. Il note que la branche ascendante de l'économie en K génère des opportunités de croissance et d'emploi dans les secteurs de pointe. L'enjeu, selon lui, est de trouver des mécanismes de redistribution ou de reconversion qui permettent d'élargir le cercle des bénéficiaires de cette dynamique. Faute de quoi, l'écart entre les deux branches du K continuera de se creuser, fragilisant la cohésion sociale.
Des perspectives contrastées
En conclusion, le pronostic de Peter Atwater pour l'avenir est celui d'une économie « divisée », où le sentiment de progrès ou de déclin dépendra de la position de chacun dans cette structure en K. Les décideurs économiques et politiques sont appelés à prendre en compte cette dualité pour éviter que la fracture ne devienne un gouffre.