L'enquête policière sur le scandale du logiciel Horizon de la Poste britannique pourrait être retardée de cinq ans si elle ne reçoit pas un financement supplémentaire substantiel, a averti le commandant de la police métropolitaine Stephen Clayman. Ce dernier a indiqué avoir besoin de près de 210 enquêteurs, soit quasiment le double des effectifs actuels, pour respecter la date limite de remise des dossiers aux procureurs, fixée à la fin 2027 ou au début 2028.

Selon Clayman, le budget nécessaire pour mener à bien l'enquête s'élève à 19,3 millions de livres sterling. Or, si le ministère de l'Intérieur a récemment accordé une subvention spéciale de 2,8 millions de livres, le déficit restant est de 16,5 millions. Sans cette somme, l'enquête ne pourra pas atteindre le stade des poursuites avant au moins cinq ans.

Un scandale judiciaire sans précédent

Ce scandale, qualifié de plus grande erreur judiciaire de l'histoire britannique, concerne plus de 900 sous-maîtres de poste poursuivis à tort entre 1999 et 2015. Les poursuites étaient basées sur les données du logiciel de comptabilité Horizon, développé par l'entreprise japonaise Fujitsu, qui présentait des failles et faisait apparaître des vols ou des fraudes inexistants.

Les condamnations ont ruiné des vies, entraînant des faillites, des problèmes de santé mentale et même des suicides. Depuis la révélation de l'ampleur du scandale, une enquête publique est en cours, tandis que la police mène des investigations criminelles pour déterminer d'éventuelles responsabilités pénales.

Un besoin urgent de moyens

Le commandant Clayman a souligné que sans un renforcement immédiat des effectifs et du budget, l'enquête ne pourra pas traiter l'ensemble des dossiers dans les délais impartis. La date limite de 2028 est cruciale car les premières poursuites remontent à 1999, et les délais de prescription pourraient poser problème.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur n'a pas encore répondu aux demandes de commentaires. L'affaire suscite une forte pression politique et médiatique, les associations de victimes réclamant des comptes et des réparations.