Un contexte de tension régionale
L’administration américaine, cherchant à restaurer son prestige après une humiliation stratégique subie face à l’Iran, pourrait concentrer ses efforts sur Cuba, une cible jugée plus accessible. C’est ce que suggère un éditorialiste du Guardian dans une tribune publiée le 28 mai 2026. Selon cette analyse, la décision d’inculper l’ancien président cubain Raúl Castro – accusé de conspiration en vue de tuer des ressortissants américains, de quatre chefs de meurtre et de deux chefs de destruction d’aéronefs – s’inscrit dans une logique de recherche de « scalp facile » après l’échec des pressions exercées sur Téhéran.
L’inculpation de Raúl Castro : un signal fort
Le département d’État américain, dirigé par Marco Rubio – personnalité politique d’origine cubaine qui milite depuis longtemps contre le gouvernement communiste de l’île –, a officiellement inculpé Raúl Castro. Lors d’une déclaration la semaine précédente, Marco Rubio a affirmé préférer un « règlement négocié », tout en jugeant les chances d’un tel accord « peu élevées ». Pour l’éditorialiste, cette démarche judiciaire est « sinistrement rappelée de la préparation de l’opération militaire américaine au Venezuela » sous le précédent mandat de Donald Trump.
Blocus pétrolier et crise humanitaire
Depuis janvier 2026, un blocus pétrolier imposé par le président Donald Trump aggrave la situation économique déjà très dégradée de l’île. L’éditorialiste, qui s’est rendu à Cuba deux mois plus tôt, décrit une dévastation économique provoquée par des décennies de siège américain. Le resserrement des sanctions, notamment sur le pétrole, prive la population cubaine de ressources essentielles. Les Cubains subissent « inutilement » cette pression, selon le commentateur.
Une escalade aux airs de déjà-vu
L’analogie avec le Venezuela est frappante : en 2019, les États-Unis avaient multiplié les sanctions et les accusations contre le gouvernement de Nicolás Maduro avant de soutenir une tentative de coup d’État. Pour le chroniqueur, la logique est la même aujourd’hui vis-à-vis de Cuba : après un revers diplomatique ou militaire face à l’Iran, l’administration Trump chercherait une cible moins risquée pour réaffirmer sa puissance. Le choix de Cuba, petit pays proche des côtes américaines et déjà affaibli, serait délibéré.
Réactions à La Havane
Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a conduit une manifestation de protestation à La Havane contre l’inculpation de Raúl Castro. La mobilisation, relayée par des images de l’agence Xinhua, témoigne de la crispation du pouvoir cubain face à ce qu’il perçoit comme une provocation américaine. Aucune déclaration officielle du gouvernement cubain sur une éventuelle riposte n’a été rapportée.
Implications géopolitiques
Cette séquence intervient dans un climat de tension accrue entre Washington et plusieurs puissances régionales. Si la priorité affichée de l’administration Trump reste la pression sur l’Iran, le glissement vers Cuba pourrait ouvrir un nouveau front diplomatique, voire militaire. Pour l’analyste, la communauté internationale doit suivre de près l’évolution de la situation, car les précédents vénézuéliens et iraniens montrent que les escalades peuvent être rapides.
En résumé
L’inculpation de Raúl Castro et le durcissement du blocus pétrolier placent Cuba au cœur des tensions américaines. Pour certains observateurs, il s’agit d’une tentative de l’administration Trump de redorer son blason après un échec face à l’Iran, en s’en prenant à un adversaire plus vulnérable. Les semaines à venir pourraient être décisives pour l’île.