Agnès Jaoui retrouve la caméra pour la première fois depuis la disparition de son complice de longue date, Jean-Pierre Bacri. Son nouveau film, «L'objet du délit», sort en salles ce mercredi 27 mai, après avoir été présenté hors compétition lors du 79e Festival de Cannes. Il s'agit de son premier long-métrage en solo derrière la caméra, après «Place publique» (2018) coécrit avec Jean-Pierre Bacri, décédé en 2021.

Une comédie sur fond d'accusation au sein d'une troupe d'opéra

Dans ce film, Agnès Jaoui incarne également un personnage, et chante à plusieurs reprises – elle a reçu une formation de chanteuse lyrique. Le casting réunit notamment Eye Haïdara, Daniel Auteuil, Claire Chust, Lucie Gallo, Tiphaine Daviot, Patrick Mille, Oussama Kheddam et Jacques Weber. L'intrigue se déroule autour de la production de l'opéra «Les noces de Figaro». Celle-ci est compromise lorsqu'une accusation d'agression sexuelle éclate et bouleverse les relations au sein de la troupe.

L'humour pour évoquer un sujet grave

Le film use de l'humour et d'une forte dose d'humanité pour aborder des thèmes tels que le mouvement #MeToo, la défense des droits des femmes, les rapports de force et la virilité. Interrogée sur le titre du film, Agnès Jaoui a déclaré : «Très vite, quand on dit 'agression sexuelle', le cerveau s'arrête et c'est l'émotionnel qui prend le relais. (...) Donc on ne sait plus quel est l'objet du délit et on ne sait plus quels sont les faits – on ne veut pas les savoir en fait.»

La réalisatrice a également nuancé sa réflexion : «Je pense qu'on ne peut pas juger de la même façon une main sur le genou et une pénétration forcée. Or parfois, j'ai vu les mêmes condamnations et les mêmes bannissements de la société. (Il arrive que) je me demande encore ce qu'on juge, si c'est la domination masculine, si c'est la domination tout court.»

Un travail d'écriture collectif après la perte de Jean-Pierre Bacri

Pour écrire le scénario, Agnès Jaoui s'est entourée de plusieurs dialoguistes : Emmanuel Salinger, Noé Debré, Florence Seyvos, ainsi que son frère Laurent Jaoui. Elle a confié dans les notes de production : «J'ai bien aimé cette méthode de travail collectif. J'ai mis du temps à la trouver après la disparition de Jean-Pierre.»

«L'objet du délit» marque ainsi une nouvelle étape dans la carrière d'Agnès Jaoui, qui conjugue pour la première fois réalisation et interprétation sans l'apport de celui qui fut son compagnon de vie et de création.