Alors que l’été approche, le monde de la parfumerie opère un virage olfactif inattendu. Les fragrances salées, portées par des notes iodées et des accords boisés, semblent détrôner les traditionnels parfums fruités et floraux qui dominaient jusqu’alors la saison estivale. Une nouvelle tendance qui séduit les grandes maisons comme les marques indépendantes, et qui promet de transformer la manière dont les consommateurs perçoivent la fraîcheur en été.
Une inspiration marine, loin des codes classiques
Ces parfums d’un genre nouveau puisent leur inspiration dans l’univers aquatique : sel marin, algues, embruns, mais aussi bois de cèdre, santal ou ambre. Ils cherchent à recréer la sensation de l’air du large, du vent sur la peau et de la chaleur du soleil, en contraste avec les notes sucrées ou fleuries habituellement plébiscitées. Selon les créateurs, cette tendance répond à une quête de légèreté et de naturel, tout en apportant une profondeur inédite aux compositions estivales.
Plusieurs maisons de renom ont déjà lancé leur interprétation de cette fragrance iodée. Jo Malone propose Wood Sage & Sea Salt, une eau de Cologne qui mêle graines d’ambrette, sel marin et sauge pour un équilibre entre fraîcheur et caractère. Maison Margiela, avec son eau de toilette Replica Sailing Day, s’inspire d’une journée en mer mêlant accord aquatique, coriandre, algue rouge et ambre gris. Diptyque signe Corail Oscuro, un hommage aux coraux associant mandarine, absolu de rose Bourboniana et un accord minéral salé.
Certaines marques adoptent une approche plus audacieuse. Orebella, fondée par le top-modèle Bella Hadid, a lancé Salted Muse, un aquatique boisé à base de sel de mer, poivre, fleur d’olivier, lavande, figue, santal, cèdre et ambre. La formule, biphasée, doit être agitée pour s’activer. Yves Rocher propose une alternative accessible avec Sel d’Azur, alliant citron, pamplemousse et cèdre de Virginie pour un effet iodé et rafraîchissant. Enfin, Brume Orpin étonne avec THEOR, mêlant fucus iodé, son de blé, genêt des sables et bois clair musqué.
Une tendance qui bouscule les codes de la parfumerie estivale
Loin des clichés du parfum d’été sucré et léger, cette nouvelle vague mise sur le contraste et la complexité. Les notes salées apportent une sensation de pureté et de vivacité, tandis que les bois structurent le sillage et prolongent la tenue. « Ces fragrances jouent sur la dualité entre l’air marin et la chaleur du soleil, entre l’eau et la terre », résume une analyse de la tendance. Elles s’adressent à un public en quête de nouveauté, de sensations authentiques et d’évasion, loin des sentiers battus.
Les prix restent variés, allant de 29,95 euros pour 100 ml chez Yves Rocher à 285 euros pour 100 ml chez Diptyque, en passant par 145 euros chez Maison Margiela, 150 euros chez Jo Malone, 112 euros pour Orebella ou 195 euros pour 80 ml chez Brume Orpin. Une diversité qui permet à cette tendance de toucher une large clientèle.
Un phénomène qui pourrait durer
Si l’été 2026 marque l’apogée médiatique de cette tendance, plusieurs signaux indiquent qu’elle pourrait s’inscrire dans la durée. La demande croissante pour des parfums plus naturels, moins sucrés et plus proches d’une expérience sensorielle brute correspond à une évolution durable des goûts des consommateurs. Les créateurs, de leur côté, ne cachent pas leur enthousiasme pour ce registre iodé, qui offre un terrain de jeu olfactif inexploré jusqu’ici. La stratégie des marques, qui multiplient les lancements autour de cette thématique, confirme un investissement fort dans cette direction.