La Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts (CDC), a annoncé le 21 mai 2026 un plan d'investissement massif de 100 milliards d'euros pour la construction de logements abordables d'ici à 2030. Ce montant, équivalent à celui déjà mobilisé en 2023 pour la transformation écologique, vise à « faire sortir de terre 650 000 logements abordables », selon son directeur Antoine Saintoyant.
Sur les 100 milliards promis aux bailleurs sociaux et aux collectivités territoriales, 90 milliards seront octroyés sous forme de prêts. Les 10 milliards restants proviendront de fonds propres, permettant de renforcer durablement la capacité d'action de ces organismes et de leur accorder une plus grande autonomie financière.
Répartition des logements Le plan détaille la répartition des 650 000 logements : 500 000 logements sociaux, 90 000 logements à loyers dits « intermédiaires » – dont le loyer est plafonné en fonction des revenus du locataire – et 45 000 logements disponibles à l'acquisition en bail réel solidaire (BRS). Ce dernier dispositif permet d'acheter uniquement la partie bâtie du logement tout en louant le terrain à un Organisme Foncier Solidaire (OFS) pour un loyer modéré, réduisant ainsi le coût d'accession à la propriété.
Une approche territorialisée La feuille de route a été conçue de manière à identifier les territoires où les besoins en logements sont « particulièrement forts », a indiqué la Banque des territoires. Aucune ventilation régionale de l'enveloppe n'est prévue : « Ce sont les besoins (zones tendues, réindustrialisation qui nécessite d'augmenter la capacité de logements…) et les projets qui déterminent l'intervention de la Banque des territoires », a précisé l'organisme.
Soutien à un secteur « déprimé » Ce plan intervient alors que le secteur du logement traverse une crise profonde. Antoine Saintoyant, également directeur adjoint de la CDC, a souligné que « la crise du logement est forte et la reprise qu'on avait espérée avec un maintien des taux d'intérêt est compromise ». Selon lui, le secteur « restera déprimé pendant encore un certain temps », en raison notamment de la remontée des taux d'intérêt et du regain d'inflation lié au conflit au Moyen-Orient.
Au-delà de la construction neuve L'initiative ne se limite pas aux constructions neuves. La Banque des territoires entend également miser sur la rénovation de logements en centre-ville ancien, le soutien aux copropriétés dégradées et la transformation de bureaux en logements. Marie-Laure Gadrat, directrice régionale Ile-de-France de la Banque des territoires, a rappelé en mars dernier qu'« il y a 6,2 millions de mètres carrés vacants », et que l'objectif est de « remettre ces actifs sur le marché en les transformant en résidence étudiante par exemple ».
Un plan dans la continuité Le montant de 100 milliards d'euros n'est pas inédit pour la Banque des territoires : une somme identique avait été mobilisée en 2023 dans le cadre d'un plan quinquennal visant à accélérer la transition écologique du pays. Ce nouveau programme, supérieur de 67 % au précédent plan pour la période 2020-2024 (60 milliards), confirme la volonté de la Caisse des dépôts d'intensifier son soutien au logement abordable face à une demande sociale qui a bondi de 47 % entre 2015 et 2023.